Selon le compte-rendu AFP du procès du 26 octobre dernier, le procureur Sandrine Halimi-Uzan a requis 5 mois de prison ferme ainsi qu’une amende de 10.000 euros et une privation des droits civiques d’une durée de cinq ans. Le procureur a aussi dénoncé "des références bibliques manipulées, tronquées".
Après toute l’émotion médiatique suscitée par l’assassinat du jeune Halimi, nous considérons que dans le procès d’antisémitisme qui est fait au jeune Kémi Seba, Madame le Procureur Sandrine Halimi-Uzan ne peut représenter sereinement la Justice française. Car dans ce genre de procès, il est nécessaire et indispensable que ceux qui jugent soient dépourvus de tout lien proche ou lointain, supposé ou avéré, tant avec le présumé coupable qu’avec la présumée victime.
Les Noirs ont encore dans leur mémoire collective les tribunaux composés uniquement de Blancs racistes qui les condamnaient systématiquement, sous l’esclavage, sous la colonisation, sous l’apartheid, sous la ségrégation.
Rappelons que dans l’affaire dite "du gang des barbares", contrairement à ce qui a été affirmé en boucle par les médias et les politiques, les victimes n’étaient pas juives pour la plupart ; seulement une victime sur quatre (1/4) était juive, les trois quart (3/4) des victimes n’étaient pas juives.
Quand Madame le procureur dénonce "des références bibliques manipulées, tronquées", elle démontre tout simplement que ce procès n’a pas lieu d’être. Il s’agit d’un débat de Religion et d’Histoire. Et dans une société qui se dit laïque, moderne et démocratique, ce débat ne peut se tenir dans l’enceinte d’un tribunal ; à moins de vouloir l’étouffer.
Peut-on raisonnablement traiter devant un tribunal toute la Thora, toute la Bible ou tout le Coran ? Comment peut-on interpréter le passage suivant de l’ancien Testament : Exode 4, verset 21 à 23 :
(21) L’Éternel dit à Moïse : En partant pour retourner en Égypte, vois tous les prodiges que je mets en ta main : tu les feras devant Pharaon. Et moi, j’endurcirai son cœur [à Pharaon], et il ne laissera point aller le peuple.
(22)Tu diras à Pharaon : Ainsi parle l’Éternel : Israël est mon fils, mon premier-né.
(23) Je t’avais dis : "Laisse aller mon fils, pour qu’il me serve" ; puisque tu refuses de le laisser aller, voici, je ferai périr ton fils, ton premier-né.
Il apparaît clairement que "l’Éternel" a rendu méchant le Pharaon, qui n’était donc pas méchant !
Et cela a servi de prétexte à "l’Éternel" pour faire périr le premier-né (qui dans ces versets correspond à un peuple, comme Israël, son premier-né)
Comment réagit le procureur à l’ancien Testament qui prétend que les Juifs étaient esclaves en Égypte alors que les scientifiques de tout bord, y compris des Israéliens juifs, ont largement démontré que c’est faux ?
Condamner la croyance ?
Interdire l’Histoire ?
La seule issue de ce procès est un non-lieu !
Gilbert Léonard
vendredi 2 novembre 2007.