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PREAMBULE
Après plusieurs réunions de concertation les populations ALUKUS AMERIENDIENNES CREOLES de Maripa-soula et Papaïchton ont décidé de faire savoir à l’Etat leurs besoins et attentes préalables à la création éventuelle d’un parc naturel national dans le sud Ouest de la Guyane. Etant principalement concernées par ce projet qui risque de mobiliser une partie de l’ espace vital de nos Communes, nous demandons de façon impérative que les conditions de remise à niveau en matière d’aménagements de base et de développement soient appliquées avant la création d’un parc national.
Les populations et ses chefs coutumiers de Maripa-Soula et Papaïchton considèrent que la question d’un parc n’est pas une priorité, il faut un véritable projet de développement économique .
Si vraiment il faut faire un parc il faut prendre en compte la délimitation définie par la population et les autorités coutumières, car nous avons , nous aussi des projets d’envergure à travers les potentiels agricole, forestier, les richesses naturelles (animaux, plantes, mines,...), plantes médicinales traditionnelles, ....
Le parc est un secteur qui maintiendrait les populations comme des cobayes dans un zoo, ce qui est contraire au concept de respect et de volonté d’évolution des êtres humains.
Il n’est pas pensable qu’un pays des droits de l’homme comme la France exerce une certaine pression sur des populations dites « illétrées » (textes réglementaires complexes et pleins de mots difficiles à comprendre constituant de véritables pièges), sur un territoire français où il n’existe pas un minimum
d’infrastructures vitales de qualité pour les citoyens du sud de la GUYANE (EAU POTABLE, santé, énergie , routes, logement, formation, éducation....),
Ce projet ne prend pas en compte le besoin en réseau routier de qualité bétumée ou ferrivière (Maripasoula-Papaichton /Maripasoula-Saul-Bélizon/ Papaïchton Gran Santi/Gran Santi -Apatou.
La reconnaissance de la navigation fluviale (dans une véritable concertation ) avec des mesures et équipements adaptés .
La population a le sentiment que l’on veut faire d’eux des mendiants dans leur propre pays. Les habitants considèrent que l’on met la charue avant les boeufs dans la mesure où le développement agricole, les routes, la santé, le logement, la vie économique et tous ce qui permet à la population de vivre décemment, fait cruellement défaut.
MOTIONS
Motion N°1 : SATISFACTION DES BESOINS D’AMENAGEMENTS DESENCLAVEMENT ET DEVELOPPEMENT
Avant de créer le parc, il faut que l’ETAT principal acteur de la création du parc et les collectivités, mettent en œuvre un plan de développement durable pluriannuel, avec les populations et le conseil coutumier représentés par les grands mam et les capitaines de villages concernés (signature d’un accord de développement garanti par une instance internationale telle que l’Europe par exemple, ).
Ce plan doit être établi et signé avant la mise en œuvre du parc, et doit comprendre le développement de l’agriculture et l’élevage, l’eau potable de qualité pour les bourgs et principaux villages, électricité, logement, téléphone, routes citées dans le préambule ainsi que le réseau communal, ...
Motion N°2 : RECONNAISSANCE DU SYSTEME COUTUMIER
La population demande une reconnaissance réelle du droit coutumier par la France. Depuis plusieurs siècles ce modèle de développement durable a fait ses preuves sans faille sur la gestion du milieu naturel. Néanmoins l’évolution des modes de vie a permis d’avoir une vision sur le monde extérieur, la population souhaite tout en s’inspirant avec fierté de son modèle traditionnelle construire un mode de développement qui tient compte des réalités de notre époque et des besoins des générations futures.
Les projets actuels cantonnent les populations a un mode vie purement traditionnel sans perspectives économiques (notion de communauté d’habitants tirants traditionnellement leur moyens de subsistance de la forêt).
Nous rejetons tous projets qui fait obstacle à nos modes de vie ancestraux et à nos besoins d’aménagement et développement et nous demandons a être associés à tout projet de délimitation définitive du parc national.
La population doit être associée aux décisions d’adhésion au parc. La population doit être associée à la gestion du parc. Aucune valorisation de la forêt dans le cadre du parc ne se fera sans protéger les savoirs traditionnels et s’assurer du partage des retombées économiques
Motion N°4 : ZONAGE DU PARC
Zone de libre adhésion en 2 secteurs (Territoire parc= zone global ayant vocation à faire parti du parc à terme) =
Secteur Maripasoula : (voir carte)
15 Km au nord du Cœur du parc (Tumuc Humac) selon la carte jointe
Secteur Papaïchton : (voir carte)
Abattis cottica (cœur) et 3 à 5 Km de abatti cottica au bord du fleuve en libre adhésion
PARC national = Zone d’adhésion effective + Zone cœur du parc
Zone d’adhésion effective = Nous voulons un projet de développement pour ce secteur.
Zones cœurs du parc = Tumuc humac + Abattis cottica
nous ne voulons pas des Monts belle vue Inini en cœur de parc. Nous voulons continuer a exercer nos activités traditionnelles cultuelles et de subsistance en particulier sur abattis cottica.
Motion N°5 : GESTION DU PARC AVEC LES POPULATIONS
La population demande a être représentée de façon significative dans le Conseil d’administration par le biais des associations locales ainsi que les chefs coutumiers et les élus (soit 60 % du Conseil d’administration.
Nous voulons être associés à la vie quotidienne du parc y compris dans le cœur du parc, car il s’agit de nos terres ancestrales (principe de participation des citoyens de la Charte de l’Environnement annexée à la constitution française) à travers des comités de vie locales par exemple.
Motion N°6 : FONCIER ET DEVELOPPEMENT
Aucun projet de développement ne pourra se faire sans que l’ETAT ne transfert la terre aux populations locales (Communes et projets des habitants collectifs et individuels), la population veut bénéficier de ses terres ancestrales pour des projets non cantonnés aux seules activités traditionnels.
Motion N°7SECTEUR DE DEVELOPPEMENT EN DEHORS du TERRITOIRE du PARC
Les habitants demandent le maintient d’un périmètre de développement à partir des limites proposées sur la carte ci jointe , soit du bourg de Maripasoula à la crique Alama sur l’Itany en passant par Shinale sur le Marouini, pour atteindre le saut Awali soula .
Le secteur Inini-belle vue font parti de ce périmètre de développement durable sous la maîtrise des collectivités uniquement, n’est pas à mettre en cœur du parc.
Motion N°8 : RECRUTEMENT et valorisation des savoirs de la population
Privilégier les emplois locaux :
Les habitants et chefs coutumiers de Maripasoula et Papaïchton demandent que le recrutement du parc permettent aux jeunes originaires des villages et bourgs accèdent à des emplois à TOUS LES NIVEAUX de responsabilités, nous voulons que nos savoirs faire soient reconnus et valorisés (nous ne voulons pas être cantonnés à des emplois où nos compétences sont pillées par des cadres ou des chercheurs venus de l’extérieur). Nous demandons qu’un vrai programme de formation soit mis en œuvre pour nos jeunes.
Motion N°9 : ACTIVITE MINIERE
Aider les petits opérateurs miniers guyanais à travailler dans le respect de l’environnement et à se régulariser.
Lutter contre l’exploitation de l’Or clandestine (par les brésiliens par exemple) et l’insécurité qui l’accompagne.
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