Recommandez ce site à vos amis:

www.mdes.org
Advertisement
Dossiers  |  Collectivités  |  Ròt Kozé  |  La Guyane  |  Le MDES  |  International  |  Liens & bibliographie
A kondélé lé lwi pwunal ata aniabo amko
Efi yu lobi yu konde yepi en fu a go anga fesi
To kontan to péyi, bay li roun lanmen

Dossiers
Le scandale de Cabassou
Collectivités
Ròt Kozé
Les articles de RK
La Guyane
Histoire
Esclavage
Culture & Tradition
Le MDES
Notre philosophie
International
Liens & bibliographie
Bibliographie

English version
Kréyòl nou péyi

MDES Cayenne
MDES Matoury
MDES St Laurent
MDES Paris
Webmaster


 

Opération Anaconda : Le serpent se mord la queue

RK 143 (Juin 2004)

La SIKINI (CAMOPI), IPOUSSIN (REGINA), ELYSE (Saint Laurent du MARONI), La montagne PELADE (Saint ELIE), DORLIN (MARIPASOULA), vous avez sûrement reconnu le nom évocateur de placers qui ont fait l’histoire de la GUYANE à travers l’exploitation aurifère à l’époque où nous étions plus nombreux en forêt qu’en ville, à l’époque où nous avons bâti SAINT ELIE ou SAÜL quelque années après l’abolition définitive du système esclavagiste.

On associe désormais à ces illustres noms de lieux un attribut un peu moins heureux à mon goût intitulé « Opération ANACONDA ».
Dispositif mis en place par l’état français pour « juguler » l’orpillage clandestin à grands coups d’opérations médiatiques en nous servant du journaliste embarqué à l’instar de CNN ou FOX télévision en pleine tempête du désert Irakienne.

(JPEG) Malgré un dispositif législatif spécial (article 74 NDLR) qui préconise la destruction du matériel sur site sans vérifier l’identité du propriétaire. Ces opérations laissent plutôt sceptiques les professionnels car aujourd’hui force est de constater que les clandestins sont de plus en plus nombreux alors que les opérateurs Guyanais sont de moins en moins nombreux en disposant d’une surface opérationnelle de plus en plus restreinte.
De plus chaque opération ANACONDA est suivie de braquage ou tentative de braquage, des centaines de clandestins sont laissés démunis de tout en pleine forêt, seuls quelques dizaines sur près d’un millier environ pour chaque opération reçoivent une invitation à quitter le territoire dans un délai d’un mois pour toute sanction ce qui équivaut à une régularisation pour trente jours.
Le premier placer régulier qu’il rencontre sur la route du retour devient une cible privilégiée leur permettant de compenser les pertes subies.

Le propriétaire sans titre du sous-sol de Guyane, l’état français, s’accommode de la méthode Coué en se félicitant par exemple d’avoir saisi (81) quatre-vingt un grammes d’or sur un placer peuplé de plus de deux mille cinq cents individus. Il nous rassure aussi car il estime qu’il faut laisser du temps au temps : « Lorsqu’il n’y aura plus d’or il n’y aura plus de clandestins, Laissons du temps au temps » nous dit-on haut et fort.
Le nombre de clandestins estimé avant chaque opération est soustrait de l’estimation globale. Seulement une huitaine de jours après chaque opération l’activité clandestine repart de plus belle, dopée et sereine sachant l’ANACONDA lové, digérant son maigre butin et reprenant des forces en attendant l’épuisement des jours de congés des journalistes réquisitionnés.

Les maires des localités concernées sont dépités parce que, eux, doivent assumer les conséquences lugubres d’un chaos organisé.
Les opérateurs miniers GUYANAIS à travers leur instance lors des différents colloques sur l’activité minière en GUYANE ont soumis leurs propositions aux autorités qui peuvent se résumer en trois points :

A) Mise en place d’une carte professionnelle (Définition des critères d’accès à la profession et des compétences à détenir)
B) Réglementer l’achat du matériel spécifique à l’activité aurifère
C) Réglementer la vente et l’achat d’or
D) Favoriser l’implantation d’opérateurs guyanais sur les sites évacués

Ces mesures supposent au préalable l’adoption d’une politique minière en faveur des opérateurs Guyanais ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui quel que soit le niveau de décision où nous nous situons. Elles contribueraient à rendre plus difficile l’approvisionnement et l’écoulement de la production clandestine dans le circuit guyanais et organiserait la traque de l’activité clandestine en forêt mais également en ville.

Par contre certains titres miniers ont été attribués dans des conditions douteuses sur recommandation des GRANDS MANITOUS des opérations ANACONDA, au détriment d’opérateurs reconnus par tous.
J’affirme cela sans vouloir jeter de l’HUILE sur le feu, malheureusement cet ANACONDA est une couleuvre qui mange sa queue.

Le deuxième bataillon composant l’escadron ANACONDA a été envoyé en Polynésie suite à l’élection du président indépendantiste M. Tony GEROS (Assemblée Territoriale) afin de prévenir d’éventuel trouble à l’ordre public.
L’ANACONDA sert-il vraiment à éradiquer l’orpaillage clandestin ?

A.A




Sur le même sujet :
Accès à la ressource aurifère
Armand MOUSSA : "S.O.S, Je refuse d’être le bouc émissaire "