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Accès à la ressource aurifère

RK 142 (Mai 2004)

La Guyane a une superficie estimée à 90 000 km2 , selon l’inventaire minier (1975-1995) les zones géologiquement favorables représentent une superficie de 15 560 km2 soit environ 18 % localisée essentiellement de part et d’autre de deux droites :
-  L’une reliant OUANARY à APATOU dénommée PARAMAKA NORD
-  L’autre reliant CAMOPI à MARIPASOULA dénommée PARAMAKA SUD.

Ces deux zones à fort potentiel sont fortement réduites par des zones de protection en tous genres (Projet de Parc du Sud, réserves naturelles, arrêté de biotope, ZNIEFF, zone à accès réglementée, Réserves Domaniales Biologiques, forêts aménagées etc.) ne laissant plus à l’activité minière la possibilité de se développer sur une surface inférieure à 5 000 km2 soit un peu plus de 5 % de la superficie totale de la Guyane.

Les titres miniers représentent en superficie la moitié de cette surface utile soit 2,78 % pour 2 500 KM2. Les sociétés dites multinationales possèdent 2 200 km2 soit 90 % des titres attribués, le reste est réparti entre les opérateurs locaux de différentes tailles.

Les AEX (Autorisation d’Exploitation) représentent environ 130 km2 que se partage une cinquantaine d’opérateurs miniers soit 0,13 % de la superficie de la Guyane.

La tendance est à la diminution de délivrance des titres miniers en faveur des opérateurs guyanais et au maintien des superficies accordées aux sociétés étrangères.

Un exemple d’école
Au milieu des années 90, KWG (Franc-Or) sollicitait l’administration pour récupérer les concessions du BRGM situé à SOPHIE-REPENTIR et se voyait attribuer le premier permis A de Guyane sur une surface d’environ 400 km2. Malgré l’opposition des opérateurs locaux sur la légalité de la cession et sur la crédibilité de KWG.

Une brigade des services fiscaux a effectué une mission de 15 jours en Guyane pour estimer le montant du détournement de fond commis. A qui la faute ? Après KWG, existe t-il un risque qu’une autre société puisse s’enliser de la sorte ?

Une autre politique minière
Une autre politique minière devrait permettre d’élargir sur les zones à fort potentiel la faculté d’obtenir des titres miniers aux opérateurs guyanais, l’attribution des permis aux sociétés multinationales devrait être assujettie à l’acceptation, au préalable et sans contrepartie, du principe de cohabitation pour l’or de surface. Les décideurs s’orienteraient sur les choix nécessaires et indispensables au maintien de l’activité des opérateurs guyanais.
A l’heure des effets d’annonce sur l’ouverture d’une mine industrielle à Camp CAÏMAN sur la commune de REGINA, l’étude de faisabilité économique du projet ne peut que constater le lourd handicap que constitue le cadre administratif et l’environnement économique (charges fiscales, sociales, main d’œuvre, coût de l’énergie).

Le groupe CAMBIOR à l’origine des deux autres mines du plateau des GUYANES (au Guyana et au Surinam) constate les résultats peu convaincants pour la Guyane de l’étude comparative. Seul avantage, la Guyane n’a formulé aucune exigence (emploi, équipements, infrastructure etc.), le sous-sol ne lui appartenant pas. Elle n’a pas son mot à dire.

A suivre...

Armand ACHILLE
Membre de la commission des mines de Guyane




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