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Ròt Kozé n°1 (Novembre 1990)
C’est exactement 19885 personnes sur 100114 votants qui se sont exprimées en faveur d’un changement radical pour leur pays.
Cela représente 20% des votants, c’est à dire un votant sur cinq. Sur les quarante et un sièges de l’Assemblée Régionale de Martinique, les deux listes indépendantistes obtiennent 9 sièges soit 22%. Ceci est considérable ! Alors que les médias (radios, télé, journaux) officiels ne cessent de marginaliser les options indépendantistes présentes au sein de nos populations. Alors que la France déballe un arsenal de programmes, plans et aides financières (Phèdre par exemple), pour mieux intégrer et assimiler nos peuples. Alors que, malgré les 70-90% d’abstention aux élections européennes de 1989 (en Martinique, Guyane, Guadeloupe), la France continue à nous enfoncer dans le marécage politique et économique européen.
20000 martiniquais votent « indépendance » ! Bravo !!!
Le fait est tellement important que RFO n’a pas pu le cacher et Le Pensec a du en parler. Les idées indépendantistes ne sont plus celles de « groupuscules » plus ou moins « excités » que les gauches et droites traditionnelles montraient du doigt. De plus en plus en effet, les travailleurs des dernières colonies françaises se rendent compte que nos peuples doivent décider par eux-même de leur destin. En Kanakie, Guadeloupe, Martinique, et même en Guyane, les idées de progrès et de changement radical avancent.
Devant la menace de l’Acte Unique Européen de 1992, il ne reste plus beaucoup d’alternatives :
Ou bien l’on choisit d’être français, donc européen, et de se dissoudre dans la vague d’immigration européenne qui a déjà commencé,
Ou bien on prétend rester guyanais et il faut alors se battre pour un véritable pouvoir politique guyanais : ce ne peut être que l’indépendance. Tous les autres aménagements du système ont montré leurs limites politiques y compris la décentralisation.
Alors prenons nos responsabilités pour une Guyane guyanaise !
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