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La répression du 14 juin 1962 à Cayenne

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Interdiction Préfet

Au début des années 1960, le Front Démocratique Guyanais (FDG), qui regroupait plusieurs partis politiques et syndicats de Guyane, portait le débat et les luttes pour la prise en compte par la France d’un statut autre que celui de "département" pour la Guyane.

Quelques jours avant le jeudi 14 juin 1962, le FDG avait décidé d’organiser un défilé dans les rues de Cayenne, suite à l’annonce par le gouvernement français de l’époque, d’installer la légion étrangère en Guyane et pour la prise en compte d’un nouveau statut pour la Guyane. La veille de la manifestation, le 13 juin, le Préfet de l’époque René Erignac, prenait un arrêté interdisant toute manifestation pour le lendemain.

Les organisateurs, pris de court, décidaient alors d’en informer la population le 14 juin à l’avenue du Général de Gaulle. Alors que le premier orateur venait de prendre la parole pour expliquer les raisons de l’interdiction du défilé prévu, la foule rassemblée calmement pour écouter les explications, fut violemment chargée par les gendarmes. Ces derniers, munis de casques et d’armes firent des blessés parmi la population en faisant actes de violences avec leurs crosses d’armes notamment.

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Population à l’écoute
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les gendarmes chargent
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La répression s’abat
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Les forces coloniales s’imposent

A la suite de ces évènements, le FDG sortit un communiqué, et le Député de la Guyane Justin Catayée, alors à Paris pris l’avion le 18 juin pour rentrer en Guyane... qu’il ne revit jamais. Ci-après le texte du communiqué du FDG.

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Communiqué du FDG

Communiqué à la presse

Le jeudi 14 juin 1962, le Font Démocratique Guyanais, groupant le Parti Socialiste guyanais, le Parti Socialiste S.F.I.O, l’union du Peuple Guyanais et tous les syndicats de la Guyane, avait organisé une manifestation avec défilé dans les rues de Cayenne en vue de protester contre le stationnement en Guyane d’unités de la Légion Etrangère, et de revendiquer un statut d’autonomie de gestion pour la Guyane.

Le Préfet, M. René ERIGNAC, ayant interdit le défilé prévu pour 15 heures, le Front Démocratique Guyanais avait décidé d’informer la population des raisons de cette interdiction.

Alors qu’une foule nombreuse était rassemblée auprès du siège d’un des partis organisateurs de la manifestation, et alors que le premier des orateurs inscrits venait à peine de prendre la parole, un détachement important de la gendarmerie, avec casques et armes, chargea la foule qui écoutait paisiblement.

Sous les ordres de M. AUTHIE, Commissaire central de police, et dirigés par les capitaines NEOOL et DAOUDI, les gendarmes frappèrent plusieurs personnes avec leurs crosses et leurs canons. De nombreux blessés, dont trois gravement, devaient être hospitalisés d’urgence.

A l’occasion de cette intervention brutale des forces de répression, le Préfet de Guyane, dont la mentalité colonialiste est notoire, avait eu soin d’éliminer carrément les agents de la Sureté Nationale, jugés suspects en raison de leur origine guyanaise.

Ce défoulement brutal des forces colonialistes, ajouté à l’arrestation arbitraire de deux membres du Front Démocratique Guyanais (MM Léopold HEDER du Parti Socialiste Guyanais et Marius MIRON du Cartel des Fonctionnaires), a soulevé une vive émotion au sein de la population guyanaise.

Nombreuses sont les personnes qui craignent une réaction désespérée de la population. De plus, le caractère raciste de l’intervention de la Gendarmerie risque de creuser le fossé entre les autochtones et des éléments européens de la population guyanaise.

P.S MDES : No comment.