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19 avril 2000 : 300 000m3 de terre se détachent de la colline de Cabassou et s’écroulent en contrebas sur la RN3 pour finir sa course sur la Cilama, usine de fabrication de produits laitiers. Cette catastrophe fera 10 morts « officiellement » dont des automobilistes, des agents de la DDE et de la Cilama.
Vu le nombre de victimes et l’ampleur du phénomène, une information judiciaire est ouverte et l’instruction est confiée au juge Mlle MALARDEL, du TGI de Cayenne. Elle ordonne une expertise menée par 2 experts indépendants : Francis BARDOT ingénieur civil des mines et expert près la Cour d’Appel de Lyon agréé par la Cour de Cassation ; Roberto BERTILOTTI ingénieur de l’école Polytechnique de Milan et expert près la Cour d’Appel de Paris. Ils rendent leur rapport le 9/10/2000 dans lequel ils répondent précisément dans leurs conclusions aux 4 questions posées par le juge d’instruction.
Celles-ci mettent en lumière le caractère non naturel du glissement de terrain, la prévisibilité du phénomène faisant état d’un glissement déjà survenu en 1989 et s’appuyant sur des documents du CETE de Rouen de 1989 qui prévoyait un glissement de l’ordre de 200 000 à 300 000m3 de terre, ainsi que de la société ESCO. De même, le BRGM présentait le 26 juillet 1990 une étude devant conduire à prendre des dispositions pour endiguer le phénomène des mouvements de terrain. Celles-ci n’ont jamais été suivies d’effet. Une réunion de travail du 23/06/94 à laquelle participaient des représentants de la DDE, du BRGM et du LBTPG mettait l’accent sur la nécessité de surveiller le phénomène affectant la RN3. Celle-ci a fait l’objet d’un courrier de la DDE au Préfet de Guyane datée du 30/06/94. Un autre rapport du BRGM de 1996 rappelle l’instabilité du site de Cabassou en saison des pluies mettant en lumière un drainage des eaux insuffisant. Les conclusions des experts indépendants mettent en cause les graves manquements du BRGM, de la DDE et de la Préfecture en page 67 « Tout concorde à dire que les actuels acteurs, responsables de la sécurité de la route, étaient unanimes sur le fait que le glissement continuait et que le danger était important et latent depuis 1994 ». De plus, des signes précurseurs au glissement s’étaient manifestés dès le 15 avril 2000 et avaient fait l’objet d’alertes en direction de la DDE, du BRGM et de la Préfecture et des constatations ont été effectuées in situ.
A contrario, l’équipement ordonne une contre-expertise menée par Marcel RAT des Ponts et Chaussées qui conclue au caractère naturel du glissement du 19/04/2000. Les experts indépendants lui répondent dans le cadre de l’instruction et confirment leur première analyse en mettant une nouvelle fois en cause les acteurs : DDE, BRGM et Préfecture.
Le 21 mai 2002, le juge d’instruction ordonne alors un non-lieu dans l’affaire, estimant qu’il n’y a aucune responsabilité humaine à établir, ce à la surprise des familles des victimes et de l’opinion publique guyanaise. Elle coupe court à tout procès, alors qu’il n’y a pas eu d’auditions contradictoires, que les témoins directs rescapés ( agents de la DDE notamment ) ainsi que des fonctionnaires de la DDE, du BRGM et de la Préfecture n’ont pas été entendus. Même pas le Préfet Henri Masse alors en poste au moment de la catastrophe n’a fait l’objet d’une audition quelconque. Il n’y a aucune mise en examen alors que des noms sont cités dans le rapport des experts indépendants. Le collectif des avocats des familles réagit publiquement face à cette décision et annonce qu’il procèdera à des citations directes.
Pour commencer, les conclusions du rapport des experts indépendants qui concluent à la responsabilité de la DDE, du BRGM et de la Préfecture dans l’effondrement de la colline qui a fait 10 morts le 19 avril 2000.
Malgré ce rapport accablant, le juge d’instruction Nathalie Malardel, a trouvé le moyen de conclure à un non-lieu, rendu le 21 mai 2002. Elle disculpe de hauts responsables de l’Etat français en Guyane, sans mises en examen, sans procès, et ce avec l’aval du procureur Anne Kayanakis. En définitive,ensemble, elles accréditent la thèse de la "catastrophe naturelle" défendue par le Préfet Henri Masse pour se blanchir.
Yé ka pran nèg pou kouyon !!
Extraits du rapport accablant des experts indépendants
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