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Ròt Kozé n°166 (Mars/Avril 2008)
Analyser les résultats des élections du point de vue du changement.
Si l’on regarde globalement plusieurs municipalités ont basculé et plusieurs conseillers généraux n’ont pas été réélus.
Les nouveaux conseillers généraux sont plus à gauche. Ce qui donne une majorité plus stable au Conseil Général. 12 contre 7, alors que c’était 10 contre 9 en faveur de la Droite. La teinte est encore plus nette au sommet puisque le président et le premier vice président sont de la même sensibilité, anticolonialiste. Il y a donc un progrès réel dans le sens du changement au Conseil Général. Le problème politique des rapports entre la métropole coloniale et sa colonie Guyane est posé de nouveau dans le sens d’un changement de collectivité, ce que tout le monde appelle évolution institutionnelle. L’équipe actuelle semble plus consciente de la dimension du territoire et de la nécessité de son égal développement. Les rapports des élus ave l’autorité préfectorale sont posés différemment, pas de servilité, pas de subordination, respect mutuel. Les obligations de l’état français sont rappelées fermement et avec courtoisie. Bref, il semble possible qu’un changement réel se produise enfin.
Il faut ajouter que ces jeunes gens, en plus de rajeunir la prise de décision guyanaise, ajoutent leur compétence et leur sérieux, leur disponibilité et leur capacité de travail. Au service d’une ligne politique prônant la responsabilité et la dignité guyanaise, c’est bien !
Au niveau des communes la chose est plus difficile à analyser. Alors qu’à l’Est du pays le vent du changement a balayé le candidat PSG remplacé par une équipe jeune, ancrée sur les réalités de l’Oyapock, à l’Ouest, Bertrand est réélu confortablement au premier tour. Idem à Matoury et Macouria où les dinosaures ont écrasé l’opposition. Des changements ont eu lieu à Apatou, à Camopi, à Sinnamay et ce sont encore des sensibilités de progrès qui ont gagné.
A Cayenne un socialiste-qui-a-voté-Sarkozy prend la mairie à un socialiste (du même parti PSG) qui n’a pas voté sarkozy. C’est une liste hétérogène du point de vue politique qui a le mérite de faire la rupture avec trente années de mainmise du PSG sur la capitale. Il faut attendre pour voir.
Dès maintenant, cependant, les observateurs attentifs peuvent conclure sur les marges d’évolution qui existent en Guyane. Rien n’est figé, rien n’est définitif.
Les stratégies d’alliance payent. Personne n’est indéboulonnable. Lorsque les alliances n’ont pu être unitaire, on a vu que les mêmes repassent. Même si, certains opposants affirment, mordicus, que l’homme de l’ouest ne s’en ira que lorsqu’il le voudra. Une façon de renoncer au travail politique acharné à faire en temps utile.
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