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Un P.S et un P.S.G. en Guyane, C’est de l’apartheid politique

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Ròt Kozé n°2 (Décembre 1990)

Le mardi 04 décembre 1990, un responsable du PS (parti socialiste) est venu spécialement de France annoncer que ce parti va constituer en Guyane une fédération composée de toutes les sections PS existantes et futures de Guyane.

IL indique qu’il doit se réunir avec le PSG pour discuter des modalités ou conditions de cette implantation politique fédérative.

Le 05 décembre 1990, sur RF0 à 13h00 le député du PSG déclare que de « toute façon, il y a un PS dans tous les DOM-TOM ; que c’est en Guyane seulement qu’il n’y en avait pas, et que, comme cela, les rapports du PSG et du PS seront plus clairs. »

Pour des gens non avertis cela paraît « normal ».On ne voit pas « où est le problème ».

Oui, l’existence du PS (français) en Guyane, à côté du PSG (guyanais) est un exemple d’organisation séparée, sur le même territoire, entre, d’une part les « socialistes français » et d’autre part « les socialistes guyanais ». C’est ce que l’on peut appeler de l’Apartheid politique.

C’est à dire qu’on s’organise dans deux partis distincts (qui ont pourtant la même idéologie politique) selon sa race et son pays d’origine. Ceci est inadmissible !!

De plus quand il s’agit de mouvements politiques qui se réclament du socialisme, doctrine politique qui prêche l’égalité des hommes, des races, et des cultures et leur rassemblement au sein d’un pays, dans la même organisation, cela est encore plus inadmissible. Disons le tout net : si les Français et les Guyanais concernés sont vraiment socialistes, ils doivent s’organiser ensemble soit au PSG, soit au PS, soit dans une autre organisation qu’ils pourraient créer à la place du PSG et du PS.

Ainsi ils respecteraient l’idéologie socialiste et ils permettraient à la communauté guyanaise et Française de mieux se comprendre et s’accepter en se connaissant mieux. Voici la position de « principe ».

Mais , de plus, il y a aussi un argument historique qui fait qu’il est tout à fait INADMISSIBLE que le PS créé en Guyane, ni une fédération, ni même une section (comme c’est le cas déjà avec sa première section à Kourou, comme par hasard, et sa deuxième à Saint-Laurent).

Quel est cet argument Historique ?
Hé bien, il faut se souvenir qu’il y avait en Guyane dans les années 1950 la SFIO à laquelle appartenait de nombreux Guyanais Progressistes, puis en 1956 Catayée et ses proches créent un parti socialiste qu’ils appellent volontairement : le P.S.G.(Parti Socialiste Guyanais. Cela correspond à une démarche politique fondamentale de prise de nos responsabilités en tant que Guyanais. Et depuis cette date, c’est le PSG qui sera l’interlocuteur ou l’intermédiaire du PS (en France). A tel point que, lors des campagnes électorales successives, Mitterrand lui-même, son fils, Maurois, Jospin et les autres sont reçus par le PSG. A tel point que le Député PSG se présentera en 1981 comme le candidat du Président. Alors qu’en Martinique il y a la fédération du PS, en Guadeloupe, à la Réunion ; en Guyane il y a un parti guyanais.

Cet argument historique est fondamental car dans le même temps, les travailleurs guyanais organisés syndicalement en Guyane, à l’Union Départementale CGT (de France) décident en 1965 de créer leur propre organisation indépendante : l’U.T.G (l’Union des Travailleurs Guyanais) ; qui d’ailleurs tout au long de la vie politique guyanaise des années 60-70-80 aura des liaisons avec le PSG, tant à la base, que parfois à la tête Précisons que l’UTG signa même un accord avec la CGT (en France) pour qu’elle demande à tous ses adhérents en Guyane de rejoindre les rangs de l’UTG.

Nous devons donc bien comprendre que la décision de créer des organisations guyanaises et de les conserver en lieu et place des anciennes structures françaises est un acte politique important. C’est une manifestation de la MATURITE NATONALE des travailleurs et militants de Guyane (en avance, sur ce point sur les camarades des Antilles et de la Réunion). C’est donc en cela aussi que l’accord signé dans les années 80 entre le PSG et le PS autorisant celui-ci à créer une section pour les français de Kourou, est un recul politique de taille.

C’est une faute politique des responsables des deux partis. C’est une faute à caractère assimilationniste, parce que l’on cède aux colons et à caractère bourgeois parce que l’on cède au chauvinisme guyanais et Français. C’est aussi un manque de clairvoyance politique de la part des militants de ces organisations, notamment du PSG qui ne voient pas la manœuvre du PS : celui-ci cherche depuis toujours à contrebalancer l’influence du PSG en Guyane.

Les français de Kourou, pour justifier qu’ils aient leur parti (à eux)on s’aperçoit qu’en fait, ils ont le comportement typique du colon : jaloux de ses avantages de français ? de cadres « missionnaires », paternaliste et refusant de considérer qu’ils peuvent être dirigés, dans un parti politique, par des colonisés.

Alors, nos lecteurs voient-ils maintenant le problème ? Dire pourtant qu’il y a une autre analyse à faire, que nous ne ferons pas pour l’instant ; et si il ne s’agissait pas d’une faute des dirigeants de ces partis, mais simplement d’un accord volontairement signé pour se partager le pouvoir (les voix lors des élections)en échanges de compensations diverses ?!?! Du style : « Je te laisse t’implanter et tu me donnes ci ou ça » ou encore « tu me laisses m’implanter et je te donne ci ou ça ». Là ! Ce serait encore plus grave : VRAIMENT PLUS GRAVE...