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TCHAD : La France pousse ses pions

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Ròt Kozé n°2 (Décembre 1990)

Le TCHAD, ancienne colonie française, connaît depuis son indépendance en 1962 une histoire mouvementée. Différents conflits armés « internes » propulsent au pouvoir des vainqueurs toujours soutenus par l’ancienne puissance colonisatrice : la France.

C’est ainsi qu’en 1983, lorsque le dix-neuvième sommet de l’O.U.A (Organisation de l’Unité Africaine), consacre le gouvernement d’Hissène HABRE, l’ancien président tchadien renversé, trois mille soldats Français occupaient le Centre Tchadien. Leur rôle était de défendre le gouvernement de Hissène HABRE. En 1987, la France, renforce son dispositif "épervier" (régiment stationné au Tchad) afin d’assurer la victoire de HABRE contre la Libye.

A cette même époque, ce pays bénéficiera d’une aide financière française d’une valeur de 160 millions de francs. La métropole sera son deuxième fournisseur avec des importations en hausse (+ 429 millions) et son troisième client. Depuis le 2 décembre 1990, l’histoire du TCHAD se répète. En effet, un nouveau président, Idriss DEBY s’est installé au pouvoir. Ex-commandant des Forces Armées Nationales Tchadiennes, nommé par Hissène HABRE lui-même, ancien élève militaire de l’Institut aéronautique dans le Nord de la France, diplômé d’une licence de pilote professionnel, Idriss DEBY n’a eu besoin que d’environ 3 semaines pour chasser son a ancien président.

La France, cette fois-ci, n’a pas jugé nécessaire de défendre Hissène mais au contraire, en interdisant à son dispositif « épervier » d’intervenir, elle n’a fait que soutenir Idriss DEBY.

D’ailleurs, les commentaires des journalistes des chaînes officielles de T.V. étaient éloquents : « les militaires connaissent bien Idriss. Idriss est apprécié par les militaires français !! Quant à DEBY lui-même, n’a-t-il pas remercié la France en disant que s’il est maintenant au pouvoir c’était grâce à la « neutralité » des soldats français.

Certains pourraient qualifier l’attitude de la France de neutre : elle n’a pas voulu jouer au gendarme ou au colonisateur en Afrique. Mais en fait ce ne serait pas conforme à la réalité. En effet, dans leurs anciennes colonies les puissances coloniales essayent de conserver leur domination économique et politique. Pour la France, l’Afrique de l’Ouest est une "chasse gardée". Le Tchad, au centre de la moitié Nord de l’Afrique, première frontière avec la Libye, est une place que la France a toujours contrôlée. Là comme ailleurs. La France place ses pions puis les déplace suivant ses intérêts.

Elle ne se soucie pas que ces « guerres civiles » qu’elle provoque et qu’elle entretien causent des milliers de morts parmi la population. Où sont les discours humanitaires ? Pareille attitude n’est-elle pas plutôt condamnable ? Hier, elle a soutenu Hissène HABRE comme elle avait soutenu les opposants de ce dernier.

Aujourd’hui elle le détrône et place son nouveau pion Idriss ; demain que fera-t-elle de lui ?

Nous devons condamner cette pratique des pays impérialistes qui pour leurs intérêts ruinent, détruisent, ou anéantissent par la guerre les pays et les peuples qu’ils maintiennent sous leur domination.

La France montre, encore, à ceux qui en doutaient, qu’elle est bien un pays impérialiste.

MILITAIRE FRANÇAIS, HORS DU TCHAD !! IMPÉRIALISTE, HORS D’AFRIQUE.