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L’année 2002 a commencé. Le carnaval s’achève déjà. Les négociations guyano-françaises sont au point mort. Les deux premier mois ont été secoués par la mobilisation des pêcheurs et des orpailleurs qui ont barré, les uns les chenaux d’accès aux fleuves de Cayenne et de Kourou, les autres les voies menant à la préfecture et à la Région. D’autres corporations se sont mises en mouvement, les infirmières, les salariés de l’hôpital etc. Quant aux salariés d’Air Guyane, ils assistent, en grève, à la reprise de la société par le projet Marchand, imposé par un vote, en force, des élus du PSG/RPR, aidés d’une voix Walwary. 15 voix pour, 13 contre et deux abstentions. Tandis que le tribunal de commerce peine à prononcer la liquidation de la société ou sa continuation.
Les populations de l’intérieur du pays sont encore confrontées à l’enclavement du territoire, l’absence de route, de moyens de communication.
Les élections présidentielles françaises s’annoncent déjà. Une guyanaise, la député Walwary, est en lice, elle s’assure de ses 500 signatures et rassure Jospin, elle appellera à voter pour lui au deuxième tour. Le RPR fuit la délégation guyanaise, il ne veut pas « faire un cadeau à Jospin » et faire de l’ombre à son candidat, Chirac. Le PSG, fidèle allié du PS français ne s’est pas encore prononcé, officiellement, mais Jospin n’a rien à craindre.
Les préparatifs pour les législatives sont en cours, Bertrand ne veut aucun candidat sérieux en face de lui, Taubira compte sur sa participation aux présidentielles pour bénéficier d’un bon « balan », le PSG cherche son candidat. Tous sont d’accord sur un point : « décaler » le MDES. C’est la mission du tandem walwarien sur radio JAM le mercredi, c’est ce que vient de faire la coalition PSG/:RPR sur les radios et Télés. Lamentable...
Le carnaval guyanais se voit doté du prix du meilleur carnaval populaire de France ! quelle promotion ! Quand le nègre, ou l’indien, reçoit un « bonbon-sucette » du maître blanc, il est tout content !!! Dans l’éditorial dernier, nous avions appelé Fanon et Cheik Anta Diop au secours. Leur aide est évidemment encore nécessaire pour comprendre ce qui motive les colonisés. Viendra-t-il à l’idée des organisateurs du Carnaval-Parade pour touriste, de s’insérer plutôt dans notre environnement naturel où, soit dit en passant, se déroulent les plus grands carnavals ?
Le Forum Social Amazonien, par exemple, ou celui de Porto Alègre chez notre voisin sont des occasions pour les Sud Américains et amazoniens que nous sommes de nous intégrer dans notre grande région.
Ce sont aussi des occasions d’espérer qu’« un autre monde est possible ». Hors de la globalisation, mondialisation, hors du colonialisme et de l’impérialismes des puissances occidentales et des USA.
Le gendarme du monde, lui, continue de bafouer les lois et le Droit international. En Afghanistan, à Guantanamo et ailleurs encore quand leurs intérêts sont en jeu.
La France elle, n’est pas en reste. Comme tout colonialisme, elle utilise toutes les armes pour déstabiliser les forces qui, dans ses possessions, tentent de s’émanciper. En Guyane, alors que les conditions étaient soi-disant réunies pour un accord signé à la fin du mois de Janvier 2002, jusqu’à présent, la délégation guyanaise attend des nouvelles de Christian PAUL, le ministre des colonies. Nous savons que la session parlementaire française se termine dans le troisième semaine de février 2002. Le gouvernement français a donc décidé d’interrompre, unilatéralement, les négociations Guyano-françaises. En kanaky/nouvelle Calédonie, les méthodes utilisées sont celles des conflits ethniques Wallisien et Futuniens contre kanaks pour tenter de déstabiliser la société Calédonienne, et le FLNKS en particulier.
Ami lecteur, la formule de cette année 2002 sera-t-elle : « Sa to lé fè.. » , c’est à dire « A quoi bon... », formule du fatalisme, de la capitulation, de la servilité et de l’échec.
Ou bien sera-t-elle : « anvan poul mouri a pou li bat so zèl », c’est à dire « ne pas mourir sans se battre », formule de la révolte, de la fierté, de la réussite.
Plus la Guyane s’enfonce, plus nombreux seront les guyanais qui rejoindront les rangs de ceux qui n’ont pas capitulé, qui ont refusé la servilité et le fatalisme, l’assimilation et l’aliénation.
Les autres devront comprendre, et nous serons là, à leurs cotés, quand ils devront faire de choix de se battre et de refuser de tendre la main à mendier les sous, les euros de la France et de l’Europe.
Les difficultés à venir seront salvatrices.
« A lo kabouré pri, ou ka konnèt non béf ».
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