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Ròt Kozé n°1 : Editorial

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Un petit groupe de militants prend aujourd’hui l’initiative de publier un journal. Il s’agira d’un journal d’analyse qui donnera leur interprétation des différents événements ou situations qui ont lieu en Guyane ou dans le Monde. Il s’agit d’un journal qui s’engagera aux côtés du peuple. Guyanais, des classes exploitées et opprimées, aux côtés des travailleurs de Guyane, notamment de la classe ouvrière pour expliquer et dénoncer l’exploitation et l’oppression sous toutes ses formes.

Pourquoi une telle initiative ? Dans le monde, les pays riches exploitent les pays pauvres. Ils pillent leurs richesses ( or, minéraux, plantes ). Ils exploitent leur main-d’œuvre et les domine politiquement. Ces puissances capitalistes ( Europe, USa, Japon ) se sont partagés le monde et n’hésitent pas à intervenir militairement dans une autre région si leur intérêt est menacé. Dans le monde, le chômage, la famine, la souffrance, la misère, s’abattent sur les pays pauvres. Dans les pays industrialisés, eux-mêmes, la richesse est en fait aux mains des classes possédantes : patrons, banquiers, PDG, etc...Ils mènent une vie de pacha tandis que le peuple travailleur, les petits agriculteurs, les artisans et employés, la classe ouvrière survivent à peine.

En Guyane, la situation générale est la même : les gros mangent les petits. De plus, étant soumis à la tutelle coloniale de la France, le peuple guyanais ne peut s’épanouir. a l’exploitation capitaliste des patrons, s’ajoute l’oppression coloniale : les salaires sont insuffisants et il y a deux SMIC : le SMIC guyanais étant de 20% plus bas que le SMIC France. Les conditions de travail sont inacceptables : sur les chantiers, les travailleurs de Guyane perdent leur vie au lieu de la gagner. Il y a trop d’accidents de travail. La crise du logement atteint son maximum. Les affairistes font la loi de la spéculation, les agences font du business alors que les travailleurs de Guyane ne peuvent trouver un toit pour s’abriter. Les loyers sont trop chers.

au niveau de l’Education, la situation est dramatique de la maternelle à l’université. Il n’y a pas assez de bâtiments scolaires pour que tous nos enfants soient accueillis en maternelle, en lycée ( d’enseignement général ou professionnel ). Quant à ceux qui sont dans le circuit, ils sont « en situation d’échec » ! Les rythmes scolaires, le contenu des programmes, les structures scolaires, tout est calqué à partir du Modèle Français, dans une perspective d’assimilation ouverte ou déguisée.

avec l’Europe de 1992, qui est déjà présente ne Guyane, la France et l’Europe referment encore plus fort leurs griffes : les fermetures d’entreprises guyanaises et les licenciements ont déjà commencé ( pêche, bâtiment, mines ). L’immigration européenne se poursuit et va s’accentuer, noyant ainsi le peuple guyanais et sa volonté d’émancipation.

Bref, autant de situations qu’il faut refuser et dénoncer. Mais beaucoup le savent et se taisent. Les partis politiques de Guyane attendent les élections pour se manifester et supplier les travailleurs de voter pour eux. Souvent, ils participent aux magouillent et s’arrangent pour bénéficier du système. C’est vrai qu’il y a les syndicats qui luttent régulièrement pour l’amélioration des conditions de vie et de salaires. Il y a les diverses associations ( de locataires, culturelles, etc...) qui résistent et se mobilisent. Mais cela ne suffit pas !

Il faut que la situation change !! L’exploitation, l’oppression, l’injustice et la misère ne sont pas des fatalités. Elles sont causées par un système : le système capitaliste et colonial imposé à la Guyane par la France. Il faut donc un changement radical tant pour le statut politique que pour le régime social de la Guyane...

Il faut changer de vie !!!