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Ròt kozé n° 130 (Avril/Mai 2002)
Le 8 mai 2002, alors que le Préfet et quelques élus guyanais fêtaient la victoire française de 1945 sur les allemands, le Collectif pour la réouverture de la RN3 Cabassou annonçait de son côté le déblaiement de la chaussée de la RN3. Devant plusieurs habitants et la presse, le Collectif dévoilait et affichait au public sa victoire sur le mensonge.
Mensonges et mauvaise foi des responsables de la DDE et du Préfet Masse qui ont tout fait pour que le Collectif ne parvienne à démontrer que le déblaiement était possible. En effet, tout le monde se souvient des propos du nouveau directeur de la DDE et de ses différents chefs de service arborant sur les médias télévisés des schémas, des photos et donnant une explication « d’experts » qui consistait à dire qu’au premier coup de pelle donné par le Collectif sur le site de Cabassou que les participants auraient été ensevelis par la terre. En fait, rien de tout cela ne s’est produit et voyant qu’à partir du 23 mars dernier le Collectif entamait les travaux à grandes enjambées, le Préfet et tous ses soldats de la gendarmerie se mettaient en marche pour faire pression sur les camionneurs et les entrepreneurs qui avaient mis leurs engins pour cette action citoyenne guyanaise.
C’est ainsi que s’armant de patience et utilisant ce qu’ils ont appelé le "GPG", le Génie Populaire Guyanais, les membres du Collectif ont poursuivi leurs travaux et sont arrivés à enlever la terre qui obstruait la route. Certes, ce déblaiement n’est que partiel car effectif sur une moitié de largeur de la route mais sur toute sa longueur.
Par cette démonstration, les guyanais ont eu raison de la mystification des fonctionnaires français de passage et par la même font tomber tous les arguments des "experts" de la DDE.
C’est ce même "GPG" qui dans l’histoire de notre pays et notamment lors de maronnage des esclaves avait permis à ces derniers de combattre les maîtres colons et de secouer le système esclavagiste qui régnait alors. Ces esclaves marrons avaient dû faire preuve d’ingéniosité comme ont dû le faire les membres du Collectif pour arriver à démontrer que déblayer était possible.
Ainsi, cher lecteur, la voix du Maître Blanc n’est pas la seule synonyme de vérité et cette démonstration le prouve sans contestation possible
Alors, que va-t-il advenir aujourd’hui ?
Le Collectif compte, maintenant que le déblayage est effectué et que des véhicules peuvent circuler, saisir les élus de Guyane, à commencer par ceux là même qui avaient voté dans leurs assemblées (Mairie de Rémire-Montjoly, Conseil Régional, Conseil Général) afin qu’ils assument leurs responsabilités en exigeant de l’Etat la sécurisation de la colline, la poursuite du déblaiement total de la route et la réouverture de celle-ci, conformément à leurs propres délibérations. Nul doute que le Collectif saura se faire entendre, d’autant que pour certains la perspective des prochaines législatives sera propice à toutes sortes de manœuvres du style « je vous ai compris ».
A la différence, cher lecteur, qu’il ne s’agira plus de blablater mais bien pour ces élus de passer à une phase concrète de leur action, autrement dit de mouiller leur maillot dans l’intérêt de la population.
Voir aussi :
Désobéissance civique
Catastrophe de Cabassou : Rendez-vous le 2 novembre
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