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Présidentielles Françaises

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Ròt Kozé n° 129 (Février/Mars 2002)

Rappelons la position de principe du journal Ròt Kozé.
"Nou pa fransé, nou sa sijé fransé."

Nous ne sommes pas des français, nous sommes des sujets (colonisés) français.

C’est au peuple français qu’il appartient de désigner, par un vote, son président de la république. Le peuple guyanais existe, il n’est pas souverain, un jour il votera pour un président de la république guyanaise. Pour l’instant il ne peut que s’abstenir de participer à un scrutin qui n’est pas le sien.

Voter aux présidentielles françaises, c’est abdiquer de son droit à l’émancipation politique. Tous les guyanais devraient s’abstenir. La portée symbolique de ce vote est immense. En votant pour un président de la république française, c’est comme si les guyanais disaient "d’accord, nous n’existons pas en tant que peuple".

C’est la capitulation devant l’acte illégal de colonisa­tion. C’est l’acceptation de tous les maux de la dépendance. Une guyanaise se trouve dans la course, Mme Taubira. Est-ce une raison pour que la position de principe sur les présidentielles varie ! Nous avons expliqué dans un article précédent qu’au-delà de l’aspect affectif ou sentimental, la participation de la guyanaise est une manœuvre politique de la gauche française qui l’utilise comme rabatteuse de voix pour Jospin au deuxième tour contre Chirac.

De plus, ce n’est pas parce qu’une personnalité guyanaise renierait son appartenance à son peuple en se présentant à la présidence de la république d’un autre peuple que cela change le problème de fond de la colonisation et du droit à l’émancipation complète du peuple guyanais.

Enfin, à quoi bon participer à des élections quand on sait que ses voix ne comptent pas. En effet, alors que le scrutin n’est pas terminé en Guyane, les médias français annoncent les tendances et le vainqueur probable commence déjà son discours.

Et puis, sérieusement, Jospin ou Chirac, où est la différence ? Chirac ou Mitterrand qu’est ce que cela apporte de plus à la Guyane. Pompidou, De Gaulle ou les autres : chômage, chômage, dépendance économique, assistanat, génocide par substitution, répression, aliénation, crise du système éducatif, fermeture des entreprises guyanaises, enclavement permanent du pays.

La position la plus juste est de rester ferme sur les principes : le droit à l’existence ne se négocie pas, le droit à la souveraineté économique, culturelle et politique ne se marchande pas. La dignité d’un peuple, même dominé, doit être intacte, c’est comme cela qu’il force au respect, c’est ainsi qu’il peut garantir des victoires prochaines, en n’abdiquant pas. II est vrai que cette vision guyanaise se heurte à la propagande officielle du gouvernement français relayée plus ou moins par des partis politiques inféodés à des maisons mères en France. C’est le cas du RPR et du PS locaux ; c’est aussi le positionnement électoraliste du PSG et de Walwary qui se revendiquent « français de gauche ». Walwary va plus loin puisque son leader est car rément candidat à la présidence française sous les couleurs du Parti Radical de Gauche, français !!

Que les colonisateurs avancent les arguments les plus divers pour justifier leur empire, c’est une chose. Que les colonisés eux-mêmes renoncent à leur droit, au droit international reconnu des peuples à disposer d’eux-mêmes, cela porte un nom, l’aliénation.

Ou plus simplement, l’intérêt politicien, le pouvoir et les avantages personnels immédiats. Pour Ròt Kozé il convient de s’abstenir de participer à l’élection du président de la France.

PS-PSG : FAIRE FEU DE TOUS BOIS OU ABUS DE BIEN SOCIAUX
Le Comité de soutien PS et PSG à Jospin utilise les canaux du conseil régional, chauffeur, pour distribuer, agrafer au courrier et convocations habituelles des élus, leur propagande en direction des représentants guyanais.

C’est inadmissible. Les services du Conseil Régional ne sont pas à la disposition des comités de soutien aux candidats français. Ròt Kozé suppose que ceux de droite font la même chose. Puisqu’ils dirigent la Région Guyane ensemble PSG-RPR.

"Passe-moi le séné, je te passe la rhubarbe"...