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Névrose guyanaise

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RK 142 (Mai 2004)

Il a été écrit que Sigmund Freud n’a pas tenté d’analyser la profondeur féminine qu’il considérait comme une « forêt noire », qu’il n’a pas non plus examiné l’univers nègre, car il ne semblait pas répondre aux réalités oedipiennes. Peut-être.

Mais si on considère l’universalité de l’homme, on ne distingue alors plus l’homme de la femme, le Nègre des autres groupes humains, puis on essaie l’analyse de quelques traits psychanalytiques du Nègre en général et du Guyanais en particulier.

Pour cela remontons succinctement à la légende d’Oedipe :
orphelin accueilli par une famille qui l’abandonne au nom de l’amour, il tue son père, épouse sa mère et erre dans les ténèbres de la nuit jusqu’à sa mort.

Cette légende permit à S. Freud d’établir au moins trois caractères essentiels du névrosé :

  1. Tout individu s’est un jour senti orphelin (refus de l’image de la mère ou du père au profit de celle d’un(e) autre).
  2. L’homme doit « tuer le père » pour exister (annulation de l’autorité, de l’emprise paternelle).
  3. Tout individu tombe amoureux du parent dont le sexe est opposé au sien.

(Souvent les deux derniers caractères sont liés : on tue le père pour (mieux) épouser la mère, ou la mère pour (mieux) épouser le père, selon son sexe : rappelons-nous le(s) parricide(s) des dernières élections cantonales et régionales...).

Les Guyanais répondent-ils à ces critères ?
Qui n’a pas eu envie, même durant une fraction de seconde, de posséder d’autres parents ? Qui n’a pas voulu, un jour, anéantir l’autorité parentale pour exister à sa façon (référençons-nous au parricide énoncé ci-dessus) ?
Quel garçon n’a pas aimé passionnément sa mère, ou une fille incestueusement, son père ?
Il nous apparaît prétentieux de penser que notre peuple soit à part de ce canon freudien (canon qui a certainement dû être connu et établi par les ancêtres africains avant l’ère freudienne d’ailleurs).

Mais si nous prenons les conclusions de S. Freud sur une plus grande échelle que celle de la stricte cellule familiale, pourrait-on toujours aussi aisément attribuer cette « universalité »de l’homme à ce groupe sud-américain.

Remplaçons les parents par la France hexagonale. Quel homme de chez nous ne s’est pas senti un jour, un seul, orphelin dans ses rapports avec elle ? Pourtant, lequel a vraiment désiré surpasser l’autorité pour exister par lui-même et qui ne l’a pas aimé passionnément, malgré tout ?

La majorité ? Oui hélas, la majorité. Et pourtant...

Sans vouloir déculpabiliser les autres... tous les autres, il faut tout de même préciser qu’il a toujours existé sur cette terre locale des générations de vrais et de faux notables qui se sont satisfaits de leur condition, souvent de celle de leurs parents, arrivés les poches vides et ont trimé pour leur laisser parfois quelques sous, ou, un nom et pour cause (encore heureux que les leurs n’avaient pas hérités des noms à rallonge de certains de leurs maîtres)... Et, de ce seul fait, malgré la réalité du pays, ces femmes et ces hommes, sans complexe, ont prôné (prônent) l’assimilation. Ils ont toujours, et surtout de nos jours, considéré leurs propres intérêts plutôt que ceux du groupe. Pardon. L’évidence même ne leur permet pas de s’identifier au groupe, puisqu’ils ne se sentent pas d’âme solidaire au groupe. Ils sont au-dessus du groupe. Ils sont supérieurs au groupe : ils décident pour le groupe, trop ignare pour mener sa propre destinée.

C’est-à-dire que, comme de véritables névrosés, ils s’émeuvent dans un masochisme considéré, qu’ils taisent d’ailleurs médiocrement, puisqu’ils brandissant l’étendard démocratique et républicain tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt au centre, tantôt ailleurs... Toutefois, ils ne parviennent à cacher qu’en filigrane demeure la fleur de lys, que la marâtre, elle-même, pressée par l’Union européenne, essaie d’effacer ou d’atténuer.

Aujourd’hui alors que la France de gauche à droite et d’ailleurs..., elle-même, a enfin depuis des siècles accepté de donner des ailes aux Guyanais, ceux-là et d’autres, complaisants, ont préféré s’affirmer dans le principe du « Nègre-grand-enfant », du « Nègre-immature », du « Nègre-poltron », du « Nègre-fondamentalement esclave et définitivement soumis », du « Nègre-assisté et heureux de l’être », du « Nègre-sous race, bon à amuser le Roi et sa galerie à l’Elysée ou à Matignon » en refusant de s’émanciper, même dans le cadre de la république, et, effaçant durablement des tablettes des institutions l’esprit de l’évolution statutaire.

Pardonne-les père, car ils ne savent pas ce qu’ils font à cette Guyane : une fois encore, ils lui crèvent les côtes, pour mieux la voir répandre son sang, car à elle, emplis d’ingratitude, ils ont préféré la mère idéale (la blanche, la riche des richesses de la mère légitime, l’orgueilleuse, l’indifférente, l’affirmée, la prostituée tant désirée) ; une fois encore, ils la crucifient sur la croix au nom d’un « elle peut encore attendre. Lorsqu’elle sera à genoux, on verra, pour l’heure existons à travers elle, elle est si naïve ».

Vivement la peste, la vraie, la Noire !
Françoise JAMES LOE-MIE.