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Nous connaissons les difficultés que subit le peule amérindien de Guyane face à ce système de société organisé par le colonialisme français depuis des siècles.
Plus encore que les anciens esclaves venus d’Afrique qui se sont battus pendant des siècles pour avoir l’abolition sans pour autant obtenir la liberté, les amérindiens ont connu et subissent encore aujourd’hui les conséquences de l’histoire de la conquête des européens. Le peuple amérindien est toujours dans ce zoo du jardin d’acclimatation du colonialisme français.
Pour répondre aux problèmes des suicides, du mal-être, du mal vivre des amérindiens de Guyane, certains élus guyanais, plus français que le gaulois, leur proposent de l’Internet, d’autres encore les ont proposé une antenne parabolique pour suivre la coupe du monde.
L’attitude de certains (Guyane 73) avec les amérindiens de la vallée de l’Oyapock a conduit par exemple à l’annulation de la dernière élection cantonale. Un président de région fait signer à quatre T’lewuyu le reniement de l’histoire de tout un peuple afin de faire plaisir à l’état Sarkoziste français.
Des exemples il y en a à la pelle, je dirais qu’il y en a pour remplir plusieurs pirogues.
Pour appuyer ce que je vous avance, laissez-moi vous racontez l’histoire de cette jeune mère amérindienne de 17 ans qui fut conduite aux Urgences, avec son enfant malade, courant du mois d’avril 2011 à l’hôpital de Cayenne et qui vécut un cauchemar durant quelques jours.
Elle m’a été relatée par un agent soignant. Une histoire qui nous démontre une fois de plus l’hypocrisie de l’état français et de ses représentants dans notre pays.
« Fin avril, nous avons reçu une jeune amérindienne de 17 ans, de la vallée de l’Oyapock, avec son enfant malade en urgence à l’hôpital de Cayenne.
Les structures de l’hôpital ne nous donnent pas la possibilité d’accueillir les mères des enfants malades. Conséquence de cette lacune, il n’y avait aucun lit à disposition pour cette maman arrivée de Camopi précipitamment.
L’enfant, lui, était gravement malade ; il fut pris en charge et transféré dès son arrivée en réanimation.
Malheureusement il était trop tard ; au bout d’une heure l’enfant succombait à sa maladie.
Lorsque la nouvelle fut annoncée à la mère, le désarroi s’empara aussitôt d’elle, « j’ai vécu une scène atroce » me dira-t-elle ; la jeune maman était inconsolable.
Dans la pénombre de la nuit après la douloureuse annonce, elle était restée seule dans les couloirs de l’hôpital, elle ne savait ni quoi faire, ni où aller ; la vallée de l’Oyapock n’était pas à la porte d’à côté.
Puis, ne savant pas gérer ce genre de situation, nous décidons d’appeler l’administrateur de garde pour prendre en charge le cas de cette maman qui fait partie d’un peuple cassé et laissé pour compte par la France.
Cet administrateur de garde était cette nuit là une administratrice.
Elle nous répondit aussi sec : « Ce n’est pas mon problème. A l’hôpital nous n’accueillons que les malades, la maman doit se débrouiller seule ».
Les agents hospitaliers furent pétrifiés et restèrent incrédules devant la réponse de l’administratrice.
Choquées par l’attitude de l’administratrice, des mère Guyanaises travaillant au sein de l’hôpital décidèrent de faire intervenir la psychologue de service afin de venir en aide à cette jeune mère amérindienne.
En patientant jusqu’à la venue de la psychologue, la jeune mère fut conduite dans un autre service afin de lui retirer le lait maternel de ses seins qui prenaient du volume. Et voila qu’au bout du couloir des urgences apparait ce psychologue leucoderme.
On lui expliqua que la jeune mère avait été dirigée un instant vers un autre service afin de lui retirer le lait que l’enfant décédé n’avait pu consommer.
La réaction du psychologue fut encore plus foudroyante que celle de l’administrateur de garde : « Elle n’est pas là. Alors tant pis pour elle. Je n’ai pas de temps à perdre, je m’en vais ».
De retour sur place la jeune mère se retrouva une nouvelle fois seule face à son désarroi dans ce couloir. Et la situation avait empiré.
Ce sont des agents du pays qui encore une fois firent de leur mieux pour venir en aide à cette compatriote. Ils firent en sorte avec l’accord de l’administrateur que la maman de 17 ans soit accueillie dans un autre service.
Quelques jours après, la situation n’avait pas évolué. Rien n’avait été fait pour que cette jeune mère de Camopi puisse entrer en contact avec les siens. Elle ne savait toujours pas quelle « sauce » l’administration coloniale lui préparait.
Voici donc l’histoire d’une jeune mère amérindienne de 17 ans qui vient de mille lieux de là, qui subit un tel drame dans la perte de son enfant et qui ne trouve aucun soutien de la part de l’administration hospitalière.
Connaissant les moments douloureux que vit le peuple amérindien de Guyane, comment ne pas trouver alors l’attitude de l’état français et de ses représentants en Guyane hypocrite.
D’abord l’hôpital de Cayenne n’a pas de structure pour accueillir les mères venues d’autres lieux du pays accompagner leur enfant malade alors qu’il devrait normalement en posséder. (Tout comme les pompiers de Guyane devraient avoir un hélicoptère, tout comme Saint-Laurent un commissariat, etc., etc.….)
De plus l’administratrice et le psychologue sont des français, de passage, qui en réalité ne se soucient pas de la réalité des malades.
Alors, comment ne pas dénoncer cette situation de dominé à dominant que nous subissons depuis des siècles.
Peuple Guyanais levons-nous et marchons vers la libération ensemble !
Yopoto.
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