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La dernière coupure de la fourniture de l’énergie électrique qui a touché la région de St Laurent du Maroni le 24 décembre 2010 n’est que l’apothéose de la déliquescence du service public en matière d’électricité en Guyane.
La réunion provoquée en urgence ce jour, mardi 28 décembre 2010, par le préfet de Guyane est purement démagogique et répond à une stratégie de communication.
Les différentes prises de position de monsieur Léon Bertrand, maire de St Laurent du Maroni, via des conseillers municipaux sont exclusivement politiciennes voire populistes, destinées à masquer les réelles positions de l’édile de St Laurent du Maroni sur la question de la desserte électrique en Guyane.
Sommes nous amnésiques ??? Il a été le premier à soutenir la vague de répression orchestrée par la Préfecture, la Justice et la Direction d’EDF contre les militants qui dénonçaient justement le désengagement programmé de l’entreprise publique et qui annonçaient, il y a déjà 5 ans ce qui nous arrive aujourd’hui.
Depuis la grande grève de décembre 2006 menée par le syndicat UTG de l’éclairage qui a débouché sur le congrès du 23 mars 2007 sur l’énergie, le préfet et les élus locaux ne peuvent ignorer les choix politiques de l’EDF au détriment du service public et de la population guyanaise.
Ils ne peuvent ignorer :
Qu’il n’y a pas de centrale de production à ST Laurent du Maroni
Qu’il n’y a qu’une seule ligne qui transporte l’énergie haute tension entre Kourou et St Laurent du Maroni
Qu’il n’y a pas de ligne qui transporte l’énergie haute tension entre Matoury et St Georges de l’Oyapock
Que les lignes qui transportent l’énergie haute tension sont de la compétence exclusive de l’état français.
Que le taux de disponibilité des moteurs diesel de DDC est inférieur à 50%, phénomène dû essentiellement à la politique de maintenance de l’EDF.
Que le projet de nouvelle centrale à DDC (PEI) prévu en 2010 est reporté à une date non précisée à ce jour.
Que les 20 MW supplémentaires prévus en 2010 pour l’ile Cayenne par l’EDF et les élus locaux lors du congrès sur l’énergie ne sont pas encore effectifs.
Que le premier seuil de délestage en Guyane est de 48 hertz sachant que le quatrième stade est à 45 hertz. Or la norme technique prévoit 49 hertz pour le premier stade et 48,5 hertz pour le dernier stade de délestage. En renforçant les moyens de production on améliore la réserve primaire, ce qui permet de respecter la norme en matière de fréquence.
Que de nombreuses pannes dues à la structuration du réseau gangrènent les réseaux de distribution électrique de la Guyane (lignes desservant les clients).
Que les maux que connaît le littoral guyanais en matière de production et de desserte électriques sont multipliés par deux ou par trois quant il s’agit des communes enclavés (Apatou, Grand-Santi, Papaïchton, Maripasoula, Saül, KAW, Régina, Ouanary, St Georges, Camopi)
Que les contrats de concession entre les communes ou les syndicats de commune et l’EDF doivent être dénoncés car 15% de la population sur le littoral et 35% de la population dans les communes enclavées n’ont pas accès au produit de première nécessité qui est l’électricité.
Que le syndicat mixte de l’électricité représentant les différentes communes de la Guyane face à l’EDF, n’est toujours pas encore créé malgré le grand OUI du congrès sur l’énergie. Le Maire de St Laurent du Maroni en tant que président de la CCOG bloque tout le processus.
Les problèmes et les solutions sont connus de tous, l’immobilisme et le manque de courage politique entrainent et entraineront des conséquences graves pour la sécurité des biens et des personnes comme ça été le cas la nuit du 24 décembre 2010 à St Laurent du Maroni.
Ne pas avoir un système de production électrique fiable répondant aux caractéristiques endogènes de la Guyane est un frein au développement…c’est un des instruments du sous développement structurel de la Guyane.
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