|
Notez cet article :
Les représentants des DOM et COM à l’assemblée nationale française ont majoritairement répondu favorablement aux lois relatives à la collectivité unique. Christiane Taubira et Alfred Marie-Jeanne ont dit non et Chantal Berthelot s’est abstenue.

Rot Kozé : Quelles sont les risques pour le pays ?
Maurice Pindard : Je ne sais pas si il faut parler de « risques », la situation actuelle démontre clairement le fait colonial. Les élus font la démonstration de la nécéssité d’une dotation spéciale pour mettre à niveau la nouvelle collectivité, le gouvernement français refuse. A trois reprises le ministre du budget à dit « non » aux aides financières ! Cela veut dire « débrouillez-vous avec ce que vous avez ». Ce qui revient à entamer une réforme institutionnelle sans moyens ! A quoi bon faire un référendum sur une Nouvelle Collectivité si l’on refuse de lui donner les moyens de la réussite !
Rot kozé : A quel jeu joue l’état colonialiste français ?
Maurice Pindard : L’état français a apporté une réponse politique à la demande de changement statutaire de la Guyane. Cette réponse est destinée à reculer l’échéance de la prise de responsabilité réelle du peuple guyanais et de ses représentants dans notre pays. Ils ont torpillé le 74 avec une consultation piégée en janvier 2010 (deux questions au lieu d’une à 15 jours d’intervalle). Ils ont fabriqué et installé à la Région Guyane un fantoche du 73. Ensuite ils s’efforcent de vider de tout contenu réel cette nouvelle collectivité et ils calquent le calendrier sur leur propre réforme qu’ils ont prévu pour les départements et régions françaises en 2014.
Rot kozé : Est-ce une avancée ou un recul pour notre pays, colonisé depuis bientôt 5 siècles ?
Maurice Pindard : Ce n’est ni l’un ni l’autre. Le fait positif est qu’il y a eu une première consultation des électeurs guyanais sur l’avenir politique de leur pays. C’est comme si la porte était fermée depuis 5 siècles et que le colonialisme, sous la pression répétée des manifestations, accepte de donner un tour de clef dans le sens « ouvrir ». Il reste à lui faire donner le deuxième tour de clef, puis à ouvrir la porte bien grande. Ce seront les luttes prochaines qui s’en chargeront.
Rot kozé : Quel sera l’attitude du MDES dans les prochains jours ?
Maurice Pindard : Expliquer, réexpliquer la nature coloniale des liens qui attachent la Guyane à la France. Aider, aider encore à la formulation de revendication populaire, aider à s’organiser. Monter encore que le seul chemin est celui du changement des rapports coloniaux qui entravent notre pays.
|