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Ròt Kozé n° 128 (Janvier/Février 2002)
Les professionnels de la pêche doivent tenir compte de l’histoire du secteur, des problèmes posés et des méthodes engagées. Les leçons et les perspectives doivent être tirées par les pêcheurs ainsi que par les autres socioprofessionnels.
Dès 1979 l’état français a décidé de la francisation de la pêche et a plongé ce secteur économique dans une crise sans précédent. À la fin des années 1980, l’état français a signé les accords dits "Cocaïne" avec les pays producteurs de coca et soutient le développement de la crevette d’aquaculture dans les pays andins, au détriment de la production de la crevette guyanaise.
Ces deux décisions politiques prisent unilatéralement à Paris illustrent bien une politique basée sur l’unique défense des intérêts commerciaux et diplomatiques de la métropole coloniale.
En effet, la préfecture n’est intéressée ni par la protection de la ressource halieutique, ni par des mesures, des dispositifs financiers et économiques de soutien durable à la filière, ni même par une politique sociale, de l’emploi et de la formation. Le gouvernement ment et "bluffe", le préfet fait de même.
La forme de l’action de confrontation menée par les pêcheurs hier et aujourd’hui est légitime. Elle met en relief une fois de plus l’impasse dans laquelle les acteurs sociaux de la Guyane se trouvent. Toutes les catégories professionnelles sont amenées à un moment ou à un autre à franchir le cap de la désobéissance civile pour une prise en compte de leurs intérêts fondamentaux. Salariés, artisans, agriculteurs, commerçants, entrepreneurs, élèves et étudiants se sont tous, dans le passé, opposés à l’état et auront comme les pêcheurs aujourd’hui à utiliser des méthodes qualifiées d’illégales pour obtenir leurs droits.
La population et les pêcheurs, aujourd’hui en lutte, doivent tirer les leçons suivantes :
ne jamais faire confiance à l’état colonial,
toujours s’unir autour des intérêts collectifs,
mener une lutte permanente et offensive contre les rapports de subordination imposée par l’état français et son préfet.
Toutes les catégories professionnelles doivent réagir comme en 1997 lors des Etats Généraux et à se mobiliser fortement pour soutenir le processus sur l’avenir de la Guyane. Afin, d’obtenir un accord politique conforme au vote des élus du 29 juin 2001.
Ainsi, la population pourra exiger de toute la délégation guyanaise qui négocie avec le gouvernement qu’elle ait le même courage, le même engagement en respectant leur vote et en exigeant que ce gouvernement signe un accord conforme au document du 29 juin 01 avec les garanties nécessaires pour qu’il soit irréversible.
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