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Le C.S.G. : cible stratégique

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Ròt Kozé n°1 (Novembre 1990)

Le secrétaire d’état à la défense, Gérard Renan a présenté officiellement les forces de protection de la base spatiale de Kourou :

- Plus de 500 légionnaires
- Une centaine de gendarmes
- Plus de 100 hommes à la marine
- Plus de 120 pour la défense aérienne
- D’autres attachés aux activités périphériques soit un total de plus de 900 hommes
- 2 navires munis d’artillerie lourde
- 2 avions
- 4 hélicoptères dont 2 puma et un écureuil
- une base radar
- de multiples batteries anti-aériennes

Alors que nos élus politiques se taisent ou s’alignent sur la politique guerrière de Mitterrand, le gouvernement français dans le contexte difficile de la crise du Golfe nous envoie un émissaire qui nous prêche la bonne et sainte protection.

En réalité le C.S.G. représente un danger pour la population de Guyane. En effet, l’activité spatiale fait partie intégrante des programmes militaires européens et de l’OTAN. Parmi les satellites déjà lancés ou en prévision, il y en a qui sont à des « fins directement militaires » (ce sont les deux SKYNET). D’autres peuvent être réquisitionnés par les ministères de la défense comme SPOT dans le conflit du Golfe. Ce nouvel armement est déjà d’une utilité vitale pour les belligérants grâce aux possibilités techniques d’observation à fort grossissement de toute une région.

Avec l’orientation prise par les grandes puissances militaires (USA, URSS, France, Angleterre), dans la guerre des étoiles, les années 90 donneront lieu à une bataille de l’espace car les projets et les constructions américaines, russes et françaises ne sont pas abandonnés avec le soit-disant « désarmement mondial ». De ce fait, la base de lancement de Kourou, qui avec ses nouvelles infrastructures est composée d’unités de construction de la fusée devient de plus en plus gênante d’un point de commercial mais aussi militaire et stratégique aux yeux des autres puissances. Toutes les puissances ennemies d’aujourd’hui et de demain de la France ont ou auront sur leurs tableaux ses sites stratégiques à détruire comme la base de Kourou !

Ce qu’il faut comprendre, c’est que cette situation, nous ne l’avons pas voulue, elle nous a été imposée d’abord par la France, puis maintenant par l’Europe puisque nous en « faisons partie » maintenant. Cette idée n’est pas farfelue. Il ne s’agit pas d’effrayer ou de faire croire à la catastrophe. Dans la situation présente, il existe réellement dans certains pays ennemis de la France des projets de destruction de Kourou et il ne serait pas surprenant que des missiles, même chez les « alliés » soient pointés sur nous. Dans le cas présent, la France et l’Europe ont pris la population de Guyane en otage en implantant un site qui devient de plus en plus stratégique donc nécessairement destiné à être anéanti par les forces ennemies.

Et ce n’est pas en faisant l’étalage des ses forces militaires en Guyane et notamment autour du C.S.G. que la situation changera. Ce n’est pas non plus en masquant la vérité sur l’envoi de satellites et de manière plus générale sur le rôle guerrier que joue la base de Kourou. Voilà pourquoi, il y a nécessité, aujourd’hui pour la France de faire de Kourou carrément une base militaire autonome avec son état-major et ses moyens aériens, terrestres, maritimes, et de détection, détachée du reste de la Guyane grâce aux déviations des routes !

Le renforcement des moyens en armes et en hommes pour la « dissuasion » lieront encore plus le sort physique de la population de Guyane à celui de la base. Quand on sait que les décisions importantes sont prises à 10 000kms par une administration coloniale (y compris contre l’avis de la population guyanaise ou de ses élus), on peut dire que nos vies sont entre des mains dangereuses.

N.B : Nous avons déjà eu notre premier état d’urgence, avec cellule de crise, communiqué de la Préfecture sur les médias lors de l’échec de la fusée V36.

Dans notre prochain numéro, nous parlerons des répercussions écologiques de cette activité en Guyane mais aussi des conséquences pour la population.