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Ròt Kozé n°172 (Avril/Mai 2010)
Dans la nuit du 30 Avril au 1Er Mai 2010, a eu lieu, à Kourou, une soirée grajé, organisée par l’association « Les Ansyens de Kourou ».
Cette pratique musicale est répandue dans la zone du grajé, de Kourou à Iracoubo, en passant par Sinnamary. Ces tambours sont accordés au feu de bois.
Le grajé désigne à la fois les chants, la danse et le rythme le plus lent parmi les sept rythmes créoles de la Guyane. C’est la seule danse qui utilise les tambourins ou tambours sur cadre.
Ce soir du 30 Avril, avant la soirée grajé, les élèves de l’Ecole de musique de Kourou rendent hommages à deux Anciens : Mme Fauvette Rosiette et M.Bango Hervé. C’est à partir de 22h que le grajé s’installe vraiment, et que les tambourins de grajé résonnent au vieux bourg de Kourou, derrière le marché. Toute la nuit les tanbouyen se succèdent autour du feu, accordant leur instrument.
Comme pour le kasékò qui utilise trois tambours (en tonneau), dans l’orchestre de grajé il y a aussi trois sortes de tambourins : les tanbou foulé, les accompagnateurs, de 3 à 9 instruments, le tanbou dévidé, qui marque les basses, et le tanbou koupé, instrument à la tessiture la plus aigüe, chargé de faire les improvisations. Seuls les tanbouyen chevronnés se risquent à tenir le rôle de soliste. Les tanbou foulé sont tournés vers le tanbou koupé.
On peut improviser de deux façons : a lanmen, c’est-à-dire que le soliste, debout, tient l’instrument d’une main et frappe de l’autre, ou a tchwis, assis, l’instrument entre les cuisses, le tanbouyen joue des deux mains.
La danse du grajé est animée par l’ensemble des chanteuses (parfois un ou deux chanteurs). Cette danse s’effectue par couple. Un seul se trouve su la piste, tandis que dans l’arrière-cour hommes et femmes piétinent attendant de relever celui ou celle qui danse. A cet effet, l’homme salue, son chapeau à la main, tandis que la femme déploie son kanmza avant de saluer la danseuse sur la piste. Cette danse traduit non seulement l’élégance des tenues, mais également la courtoisie, la prestance et la grâce des mouvements, dans la façon de se présenter, de faire des nika, pour l’homme, et de se faire admirer et de pavwézé, pour la femme.
Les soirées grajé des Ansyens de Kourou se font comme dans la tradition de Malmanoury, avant l’installation de la base spatiale en 1965 (Malmanoury, Renner et Karouabo ont été rayés de la carte de la Guyane à partir de cette date).
Une soirée grajé est une soirée où l’on danse, mais où aussi la restauration a une grande importance puisque c’est autour des coins repas, boissons ou friandises que se côtoient les nombreuses personnes venues pour l’occasion. Convivialité, bonne humeur, sont les ingrédients pour la réussite de la soirée.
Pendant cette soirée, les Ansyens de Kourou ont vendu leur troisième C.D, fraîchement arrivé en Guyane.
Parallèlement à la danse était organisée une exposition des objets de la tradition. Un grand écran montrait les différentes étapes de fabrication de tous ces objets réalisés par les Ansyens.
Le grajé n’a cédé la place au kasékò qu’à 5h du matin, après que Mme Fauvette eut servi le punch au lait. Et c’est à une heure bien avancée, dans la matinée, que les derniers danseurs, chanteurs et tanbouyen se sont séparés, avant la prochaine soirée grajé.
Marie-Françoise PINDARD
Voir aussi :
Un soir de Kasékò chez Sérotte
Chants et danses traditionnels avec le groupe MUSANDA
Les rythmes traditionnels (créoles) guyanais
Le Grajé de Guyane
Rythme traditionnel créole guyanais : le Grajé
Rythme traditionnel créole guyanais : le Béliya
Soirée Konvwé samedi 30 Avril 2011 avec le Groupe folklorique culturel TCHÒ KONTRÉ
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