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RK 142 (Mai 2004)
La Guyane Technopole sert à favoriser la création d’entreprise innovante et non les amis et un parti... ! Ce n’est pas de cette mise en réseau dont il s’agit.
La Guyane technopôle a pour mission d’accompagner et de favoriser les projets d’entreprise dans le secteur de la haute technologie. Cette définition peut laisser croire que seuls des projets de domaines bien précis comme les NTIC sont concernés. Mais à l’écoute des déclarations de ses dirigeants, la Guyane Technopôle est la structure d’accueil de tout projet innovant au sens guyanais du terme, c’est à dire de tout projet créant ou développant un produit ou service n’existant pas en Guyane.
La première réflexion est de s’interroger sur la capacité de la structure à définir tout ce qui est nouveau pour la Guyane mais aussi bon pour la Guyane ou nouveau sans être forcément bon du tout.
Dans sa présentation la Guyane Technopôle précise avoir identifié des domaines d’action : l’Environnement, la Biodiversité, l’Agroalimentaire en milieu tropical et la Télédiction. Autant dire que bon nombre de domaines porteurs de développement n’y apparaissent pas, surtout si l’on s’attache à la définition adaptée de l’innovation : les matériaux industriels adaptés à nos milieux, les nouveaux procédés d’extraction de l’or, les moyens de transport...etc.
Depuis sa labellisation par le Réseau FTEI (France Technopôle Entreprises Innovations), en janvier 2001, il est judicieux de rappeler les actions réalisées par l’organisme : la cartographie par laser aéroporté, la potabilisation de l’eau par rétrofiltration lente, la Télémedecine et une étude sur les technologies clés en Guyane : Quatre projets. Autant dire un maigre bilan.
Rappelons-nous, chers lecteurs, que la Guyane souffre trop du vide laissé par le passage des chercheurs de tout type d’organisme scientifique (privé ou d’état) qui rapatrient en France des résultats probants ; rappelons-nous aussi du nombre de jeunes orientés vers les filières scientifiques et qui ne trouvent pas d’emplois correspondant à leurs compétences sur le marché local ; rappelons-nous encore que nos étudiants sont aux quatre coins de la France et éloignés d’une telle structure ; rappelons-nous enfin de la confiscation faite par l’état des trois quarts de notre territoire précisément où se situent les zones de développement à fort potentiel, ce qui réduit le champ d’action d’une telle structure.
A toutes ces incohérences, rajoutez que le projet majeur de la Guyane Technopole pour 2006 est d’organiser en Guyane le Congrès national de toutes les Technopoles de France, comme si cela allait répondre à nos préoccupations. Sachez de plus que, à compter de 2004, le CNES se retire du financement de cette structure qui revient entièrement à la Région Guyane. La première mesure de cette collectivité était de favoriser l’embauche d’un ami politique du PSG, M. VIZY (du P.S), avec un salaire net de 6100 euros (avec voiture et logement de fonction en sus). Ce qu’ils n’auraient jamais proposé à un compatriote. Doutez-vous bien qu’à la veille des élections ce soutien ait été d’un grand renfort. La Guyane Technopôle sert à favoriser la création d’entreprise innovante et non les amis et un parti...ce n’est pas de cette mise en réseau dont il s’agit !
Si une telle structure existe ailleurs c’est qu’elle répond à des besoins identifiés. Ses missions sont adaptées aux besoins d’un bassin d’activités et entrent dans le cadre d’une planification économique. La première action à mener aurait été de répertorier toutes les études scientifiques menées en Guyane et mesurer leur potentialité de développement en terme de produit. Ensuite, permettre l’impact (par la création d’entreprise industrialisée) en Guyane de ses études tant pour améliorer le bien-être de la population (santé, éducation, qualité de la vie...) que pour développer des emplois mais aussi trouver des niches d’exportation créant ainsi une forte valeur ajoutée à l’économie. Enfin, étoffer l’équipe non pas en embauchant un directeur au salaire exorbitant mais en développant le nombre de chargés de mission par domaine. Pour aboutir à une équipe dotée de connaissances diverses en matière de technologies, des sciences mais aussi d’économie, de commerce international et de management. Le budget de fonctionnement consacré à la Guyane Technopôle le permet puisqu’il est pratiquement équivalent à celui de l’ACREDEG (430 000 euros/an) qui détient une équipe de sept personnes (d’ailleurs l’interrogation suivante est à soulever : deux structures régionales agissant sur le même territoire, deux gros budgets, pour des missions croisées ?). L’équipe actuelle suffit à la seule mission de mise en relation. C’est de fait ce qui se fait avec les petit-déjeuners thématiques où, d’ailleurs, les porteurs de projet ne sont pas conviés puisque pas identifiés. Ce rendez-vous reste un lieu de rencontre entre spécialistes.
Comprenez, chers lecteurs, que la réflexion ne porte pas sur la suppression de la Guyane Technopôle mais sur une nécessaire remise en cause de ses dirigeants politiques et d’une révision de ses missions en les mettant plus au service du développement de la Guyane, tant attendu.
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