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Evolution statutaire : Lettre ouverte à Monsieur Rodolphe ALEXANDRE, par Félix LUCENAY

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Nous publions ici une lettre ouverte adressée à Rodolphe ALEXANDRE, par Mr Félix LUCENAY, modeste citoyen et simple électeur comme il le souligne lui-même.
Selon nos informations, cette lettre a été remise à France Guyane, la Semaine Guyanaise et le site Blada.com. L’auteur interpelle le maire de Cayenne sur sa prise de position "pour l’article 73", en l’invitant "à revoir sa position".

Cayenne le 30 novembre 2009,

Vous êtes favorable à l’article 74 mais vous vous positionnez pour le maintien de l’article 73 au motif que nous, Guyanais, n’aurions pas encore les capacités suffisantes pour assumer notre devenir. Selon vous, quand les aurons nous ?

Je ne vous comprends pas et vous me décevez énormément.

Etes-vous de ceux, trop nombreux, adeptes du RAPT (Remise A Plus Tard), ou s’agit‘il d’une stratégie opportuniste ayant pour but de vous démarquer afin de faciliter votre positionnement lors des prochaines échéances électorales ?

Nous avons, en Guyane, de nombreuses compétences, mais vous ne les voyez pas, vous qui vous tournez systématiquement vers l’extérieur, ce que je considère comme un témoignage de mépris envers nos compatriotes ! Pour rehausser la commémoration de l’esclavage, Ernest PEPIN ; pour valoriser nos manifestations culturelles, BUENAVENTURA au festival de Jazz et MAGNUM BAND à la fête de Cayenne ; et, maintenant, pour tenter, sans succès, de justifier votre position en faveur du 73, Jean CRUSOL, martiniquais, qui n’a aucune perception crédible du contexte guyanais, comme il l’a reconnu lors d’une pitoyable précédente intervention au Parti Socialiste Guyanais à laquelle j’ai eu le déplaisir de participer.

Il est vrai qu’il n’est pas très bénéfique de se tenir dans votre entourage comme l’ont éprouvé Marie-Laure PHINERA et Serge BAFAU aux cantonales, Léon BERTRAND aux législatives, Hélène SIRDER et Georges OTHILY aux sénatoriales. Je plains ceux qui vous voudraient vous accompagner aux prochaines régionales.

Comme les autres partisans de la stagnation dans le 73, vous agitez l’épouvantail de la baisse des dotations budgétaires et la hausse de la fiscalité locale, alors que vous n’en avez aucune certitude, car ce ne sont que des hypothèses fantaisistes. C’est de la politique fiction, scénario catastrophe ne servant qu’à étayer une position personnelle plus que critiquable et instiller des peurs irrationnelles dans l’esprit de nos compatriotes.

Le débat sur les potentialités du 73 est anachronique, quand on sait que la région et le département ont très souvent été conduits à aller au delà de leurs compétences, tel le combat pour l’université de plein exercice, quand on sait également que, malgré les nombreuses revendications présentées successivement par nos élus depuis des décennies, l’État s’est appliqué à bloquer le développement de la Guyane sous prétexte que nous n’étions pas assez nombreux. Le vrai débat est celui de la responsabilité et du dynamisme.

L’exemple du pont de Cayenne est significatif. L’intolérable, ce n’est pas sa dégradation, ni même le détour par Montsinéry et Tonnégrande pour rallier l’ouest, c’est la persistance, y compris sur des routes dites nationales, de ces trop nombreux ponts à une voie. Il est plus urgent et nécessaire de remplacer la totalité de ces ouvrages anachroniques, indignes d’un département français et européen en 2009, par de vrais ponts à deux voies sur l’ensemble du territoire que de vouloir une route à quatre voies entre Cayenne et Macouria.

Tous les territoires d’outre-mer fonctionnant avec le 74 sont pleinement français et sont actuellement mieux structurés et développés que la Guyane en dépit de notre rattachement au 73. Le Président de la France, Nicolas SARKOZY, a suffisamment affirmé que la Guyane restera française par sa position en Amérique du Sud, par son important voisinage avec le Brésil, par la présence de la base spatiale si productive même si nous n’en bénéficions pas.

Tout ce que nous obtiendrons, comme c’était déjà le cas avec le 73 (rectorat, prix de l’essence, postes administratifs, etc.), sera le résultat d’engagements forts et déterminés de tous, dans la mobilisation générale pour être entendus, afin de développer notre territoire tout en préservant la grande part, dont nous avons la responsabilité, du peu de poumon qu’il reste à notre planète, l’Amazonie.

Les frileux s’enlisent dans le 73, les ambitieux osent le 74. Le temps n’est plus à l’inventaire, à l’expérimentation, à l’habilitation ou à la demande de garanties mais à l’action concertée, dynamique et efficace. Sachons choisir nos élus pour demain et exigeons, de concert, un vrai démarrage de la Guyane. Il ne faut pas avoir peur de la responsabilité, de l’esprit d’initiative, et, comme l’a si bien dit Alex WEIMERT, de la liberté d’entreprendre, car, ne vous en déplaise, nous avons des compatriotes capables de mener notre Guyane vers le développement correspondant aux attentes de l’ensemble de la population et qui saurons revendiquer progressivement les compétences afférentes aux moyens dont ils disposeront.

Il n’est pas trop tard pour revoir votre position et, le cas échéant, je serais heureux d’avoir contribué à vous y inciter.

Pour le 74 dans la France.
Plus de responsabilités pour une équipe dynamique choisie par des électeurs responsables.

Félix LUCENAY
Modeste citoyen, simple électeur