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Déclaration de presse du MDES à propos du départ de l’ATR 42

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RK 142 (Mai 2004)

Ròt Kozé publie la déclaration de presse du MDES concernant le départ en catimini de l’ATR 42.

Le MDES vous informe que le samedi 17 avril 2004, à 13h47, l’ATR 42 a quitté la Guyane en destination des Antilles.

Le MDES rappelle que cet appareil dont la procédure d’achat était controversée a eu un coût financier, économique, social et moral important.
Que particulièrement, une entreprise guyanaise a été plombée financièrement et qu’elle a dû être cédée à un repreneur des Antilles.
Il faut aussi se souvenir qu’un énième plan social a écarté plusieurs employés et qu’une régression des acquis sociaux s’en est suivie.
Et ne pas oublier que des communes auront été totalement enclavées durant plusieurs semaines avec des conséquences économiques et autres incalculables pour les familles et les quelques socioprofessionnels.
Pour finir, il faut se rappeler que des engagements politiques « fermes » en matière de maintien et de qualité de service public, d’ouverture sur l’Amérique du Sud, de reclassements des licenciés, avaient été pris.

Le départ de l’ATR 42 n’est que l’épilogue malheureux d’une funeste chronique annoncée qui pèse déjà gravement sur la vie des habitants de communes isolées.

Il l’est en fait pour les populations de l’intérieur qui viennent de subir là, l’imposture de la mandature écoulée. Le dernier épisode était déjà écrit, il était entendu que sa diffusion devait attendre le 28 mars 2004. Et c’est en effet, « à eux », que se sont adressés un parterre de personnalités à Maripasoula quelques jours avant le grand envol. Le président du Conseil général, le délégué au transport de la Région, la député de la 2e circonscription, le conseiller du canton accompagné du PDG de la compagnie. Ils sont tous arrivés en mairie comme l’avion s’en est allé, c’est-à-dire, en catimini. Ainsi, ils ont habilement esquivé une émeute à Maripasoula. Car, comment ne pas comprendre le désarroi de cette population chez qui on a créée tellement de désillusion. Ce départ programmé de l’ATR 42 serait justifié aujourd’hui par la non-conformité des pistes d’atterrissage et des contraintes mécaniques que cela entraîne.

On retourne donc à la case départ avec la mise en place d’une flotte composée de trois twin et d’un BN2. Les ailes guyanaises si chères à nos élus guyanais se sont définitivement envolées vers d’autres cieux. L’heure du bilan est arrivé, seulement l’astuce ou plutôt la cynique stratégie consistera encore une fois au « responsable, mais pas coupable ». L’avion nous aura quitté clandestinement, sans aucune expression publique, sans débat dans la nouvelle assemblée.
Et tout cela avec le concours du PDG de l’entreprise qui aura dealé de bout en bout avec l’exécutif du Conseil Régional. Dans le même temps, les services de la préfecture proposent de passer la piste de Maripasoula de 23m de large à 18m et propose que dans le cas d’un retour fort improbable d’un ATR 42 ou équivalent, que l’on procède par demande de dérogation pour des dessertes exceptionnelles.
Quel scandale, quel gâchis, quelle reculade, quelle désillusion, quelle lâcheté, quel discrédit pour notre pays.

Les élus du MDES à la Région avaient donc raison et le fiasco de l’ATR 42 ne relève pas de l’erreur, mais bien d’un arrangement dont les conséquences financières, économiques, sociales et morales sont « incalculables et impardonnables ».
Le MDES regrette le silence des élus régionaux fraîchement en place et espère que l’affaire de l’ATR 42 ne sera pas elle aussi enterrée.

Réf : caution du conseil régional d’environ 26.000.000frs, pour une valeur d’achat de l’ATR 42 d’environ 86.000.000frs