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RK 141 (Avril 2004)
Cette année, 9 cantons étaient à renouveler. Un des enjeux était pour la majorité sortante de retrouver après le scrutin une majorité effective puisqu’elle avait été mise à mal au moment du débat sur l’évolution institutionnelle.
Le groupe Nouvel Elan du président sortant HO TEN YOU défendait 6 cantons. Et dans le cas de BIERGE et AMAYOTA, qui étaient passés à l’UMP, partait à la reconquête. Restaient en lice :
Alain TIENG-LIONG dans le canton de Cayenne Sud Ouest ;
Robert PUTCHA dans le canton de Kourou ;
Joseph HO-TEN-YOU à Rémire-Montjoly ;
Daniel MANGAL à Iracoubo.
Le groupe entente démocratique défendait 3 cantons avec :
Joseph PAVANT à Mana ;
Claude POLONY à Roura ;
Pierre DESERT à Régina.
L’élection dès le 1er tour d’Albérique BENTH à Mana était de bon augure pour le camp progressiste. La réélection dès le 1er tour des TIENG LIONG, MANGAL, POLONY, DESERT et la réélection prévisible de HO TEN YOU laissait l’incertitude au niveau des cantons du Maroni, de l’Oyapock et de Kourou où Robert PUTCHA, le sortant ,était devancé par Juliana RIMANE.
Malgré la défaite de PUTCHA, le camp progressiste avec les victoires de GUSTAVE sur l’Oyapock et de AGELAS sur le Maroni, entendait se recomposer sur une base majoritaire. L’ancrage à gauche de René GUSTAVE ne fait pas de doute et il a battu le candidat de l’UMP Laurent YAWALOU.
Sur le Maroni la situation paraissait similaire car AGELAS arrivé en tête au premier tour avait demandé le soutien de la population pour faire barrage à l’UMP et vaincre son candidat Antoine DINGUIOU..
Si la thématique développée par certains candidats aux élections régionales selon laquelle il n’y aurait ni droite ni gauche en Guyane a entretenu la confusion ; un élément nouveau est venu perturber l’élection du président du conseil général. C’est la reconnaissance de dette. Par delà les engagements pris auprès de ceux qui l’ont soutenu, notamment à Maripasoula Jocelyn AGELAS a tourné sa veste et rejoint le camp de ses anciens adversaires de l’UMP. Au nom du soutien financier que lui aurait accordé DESERT en 1998 et 2004, AGELAS a renié son positionnement politique et siège désormais aux côtés des PREVOT, ADELSON, ROUMILLAC, POLONY, MOREL, RIMANE qui revendiquent tous, l’appartenance à l’UMP. C’est l’électeur qui va y perdre son latin.
Il n’y aurait ni droite ni gauche en Guyane. Pourtant il existe des valeurs de droite et des valeurs de gauche qui sont universelles. Mais les appétits de pouvoir les font mettre de côté en Guyane. Être redevable vous fait perdre votre dignité politique, bref, votre liberté.
Être redevable vous autorise à tromper la confiance des électeurs et à siéger aux côtés de vos adversaires acharnés de la semaine précédente.
L’élection de l’équipe appelée à diriger le Conseil Général à la particularité d’intervenir en second lieu. Contrairement aux régionales où on vote pour une liste sur la base d’un projet qu’elle soumet aux suffrages, l’équipe du Conseil Général doit se souder après coup, sur une plate-forme minimale. En 2001, c’est le Projet Guyanais qui avait constitué le lien jusqu’à la rupture de BIERGE et AMAYOTA et à la démission de Fabien CANAVY.
On objectera que le MDES en la personne de CANAVY, s’est allié au RPR représenté par BIERGE en 2001. On répondra que la base de l’alliance était le projet Guyanais et que BIERGE président de la commission mixte Région/ Département avait voté le projet en Congrès le 27 février 1999.
Quel est aujourd’hui le projet qui lie les membres du groupe Entente Démocratique du président DESERT ?
Ces élections cantonales ont réservé bien des surprises et mis en évidence bien des contradictions qui mériteront une analyse à froid. Mais les coups masqués figurant dans notre titre sont relatifs à l’affaire ROUMILLAC.
ROUMILLAC perd son mandat de Conseiller Général.
Si l’on se réfère à l’annonce que l’intéressé a faite sur les médias, ROUMILLAC démissionnera de son poste de conseiller régional. Or, la loi sur le cumul des mandats contient 2 dispositions dont la subtilité n’est pas toujours appréciée.
La première, la plus connue, dispose qu’un élu ne doit pas posséder plus de 2 mandats locaux. La seconde, mise en place pour éviter « l’effet de notoriété » ( comme cela s’est fait aux régionales où figuraient de nombreux maires sur les listes : un élu use de sa notoriété pour faire élire une liste et démissionne par la suite) ; elle dispose qu’un élu possédant 2 mandats et candidat à un 3e mandat, dans le cas où il démissionnerait du dernier mandat acquis, perd automatiquement le mandat le plus ancien. Dans le cas de ROUMILLAC, s’il démissionne comme il l’a annoncé de la Région, il perd aussi son mandat de conseiller général.
Bèl kou maské !
Alors électeurs de Matoury, préparez vos bulletins...
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