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La période récente qui vient de s’écouler a été riche en évènements politiques sur lesquels notre mouvement souhaite réagir en s’exprimant publiquement.
I – NOUVELLE COLLECTIVITE - PLENIERE DU CONSEIL REGIONAL
Le MDES condamne fermement la méthode utilisée par le gouvernement français pour recueillir l’avis de 2 collectivités majeures, sur son projet de loi concernant la mise en place de la Collectivité Unique. En effet, recourir à une procédure d’urgence pour demander aux élus de se prononcer sur un texte fondamental qui va désormais régir l’organisation politico-administrative du pays, relève tout simplement de l’imposture.
Il apparaît manifeste qu’un tel empressement ne peut se justifier que par les contingences du planning de campagne du candidat SARKOZY et non pas comme il l’a été dit, par la nécessité d’ « aller vite » dans l’intérêt de la population.
Le MDES s’interroge sur l’attitude du Président du Conseil Régional, qui dans son obsession à émettre un avis favorable au sujet du projet de loi sur la collectivité unique, à tout simplement refuser qu’un large débat ne s’instaure, lors de la plénière du 7 janvier dernier, sur la totalité du texte et ses annexes, comme cela est prévu par les textes.
En imposant que le débat soit axé sur un document élaboré par sa propre majorité et intégrant leurs seules propositions d’amendement, il s’est assurément rendu coupable de déni de démocratie. Il faut savoir que ce document, adressé aux membres de l’opposition la veille, par courrier électronique, leur a été remis sur papier, le jour même à l’ouverture de séance.
C’est à ce prix que l’exécutif régional a réussi, dans un exercice de contorsion admirable, à faire sa majorité émettre un « avis favorable » à propos d’un texte qui, en fait, est bien éloigné du document qui avait été soumis pour avis. Comprenne qui pourra !
Dans le droit fil de la posture d’allégeance adoptée par l’exécutif régional, il est proposé de voter et donc d’insérer dans la loi, la mise en place d’une taxe sur les biens et services qui ne figurait pas au programme pour les régionales de Mr ALEXANDRE. Cette taxe va impacter le pouvoir d’achat des ménages. Elle permet d’escamoter le véritable débat sur les dotations des collectivités et sur le développement endogène. Autant de sujets qui fâchent et que Mr ALEXANDRE évite d’aborder pour ne pas contrarier ses « partenaires ».
Le MDES trouve par ailleurs inacceptable que M. Rodolphe ALEXANDRE, président du Conseil Régional, utilise à longueur de journée les médias, de façon complaisante à sa disposition, pour distiller son mépris de l’opposition. Selon lui, les 10 élus de l’opposition ne veulent pas travailler et se contentent de faire de l’affichage politique !
Faudrait-il lui rappeler, que les élus de l’opposition, parmi lesquels nos 2 camarades Fabien CANAVY et Marc MONTHIEUX, participent activement et de façon constructive, aux différentes commissions dans lesquels ils siègent, quelquefois en plus grand nombre que les élus de l’équipe majoritaire.
Faudrait-il ramener à son souvenir, l’implication de l’opposition lors des différentes réunions organisées pour étudier le projet de Schéma Départemental d’Orientation Minière et qui avaient conduit les élus régionaux à émettre, dans l’intérêt supérieur de notre pays, un avis défavorable à l’unanimité. Il est vrai, que le Préfet n’avait guère apprécié cette réponse négative, émanant d’une assemblée contrôlée par un « ami-partenaire. » Ceci explique sans doute Cela…….
Du point de vue de l’avenir de notre peuple,
Dans le processus de prise de responsabilité de notre peuple vers sa libre détermination, l’instauration de cette nouvelle collectivité
Ne représente pas grand-chose. Il ne s’agit pas d’un statut transitoire. De plus le régime juridique de l’article 73 bloque ou freine les quelques avancées qui auraient pu être réalisées.
Va concentrer la décision politique dans une seule assemblée à une seule présidence ce qui est un risque de dérapages autocratiques.
Va octroyer au préfet un pouvoir de substitution qui place la collectivité nouvelle juridiquement sous tutelle politique.
Le MDES considère donc que par l’instauration de cette collectivité, que les élus de Guyane n’avaient pas demandée, le gouvernement français perpétue sa domination coloniale sur le peuple guyanais.
II – DISCOURS DE VŒUX DU PRESIDENT SARKOZY
Cette année encore, Nicolas SARKOZY, président de la république française a tenu depuis la Guadeloupe, à s’adresser solennellement aux populations des dernières colonies de la France.
Qu’a-t-il dit ? Que retenir de ce discours fleuve, qui a manifestement séduit quelques supplétifs locaux, parmi lesquels notre président du Conseil Régional :
Je suis venu aux Antilles, de passage pour les Etats-Unis, dans le cadre de ma campagne pour les présidentielles de 2012, d’ailleurs, vous l’aurez remarqué, je suis accompagné de Jean François COPE, patron de l’UMP
Je profite pour vous annoncer que je n’ai pas attendu l’avis des conseils général et régional, pour transmettre au Conseil d’Etat mon projet de loi sur la Collectivité Unique, je n’ai que faire de vos avis.
Dans le même temps qu’aucune compétence nouvelle ne sera attribuée à cette collectivité, je vous informe que je renforcerai les pouvoirs du préfet, pour revenir à la belle époque de la colonie d’avant la départementalisation. Attention ceci est non négociable !!
Dans le même ordre d’idée, pour vous faire plaisir en vous rendant plus visibles, je vais remettre une couche du genre « exposition coloniale » avec l’organisation en 2011 de l’ « Année de l’outre-mer »
Vous devez le savoir, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane sont des colonies françaises et elles le resteront tant que moi, je serai Président
Vous pourrez manifester comme vous l’entendez, cela ne changera rien. D’ailleurs, j’avertis les fouteurs de trouble du LKP, que s’ils continuent dans leur entreprise, je n’hésiterai pas à lancer mes chiens de garde, les CRS.
La « profitation », le non développement de vos pays, l’absence de perspectives pour votre jeunesse, etc., ne sont pas mes préoccupations. Si je voulais réellement lutter contre ces maux, cela se saurait. Je suis quand même Président depuis 2007 ! D’ailleurs, je ne parviens même pas à régler les problèmes de votre métropole chérie, ce ne sont pas les vôtres que je vais résoudre !!
Et puis, votre gros problème, c’est que vous n’arrivez pas à « digérer votre histoire », quoiqu’en ce qui nous concerne en France, notre histoire, qui passe entre autres par la traite négrière, les exactions napoléoniennes, la gestion de la collaboration et la guerre d’Algérie, est relativement indigeste.
Bref, rien de nouveau, n’en déplaise à certains. Sauf le sentiment renforcé que, plus que jamais, la solution à nos problèmes, nous devrons la trouver nous-mêmes. Pour cela, seule comptera la mobilisation consciente de toutes les composantes de notre peuple, résultant d’une parfaite compréhension de la situation et des enjeux.
III – PRIX DU CARBURANT (ALEXANDRE tient le bâton, le préfet frappe)
2 ans après la mobilisation pour un juste prix du carburant, l’Etat et ses complices nous ont ramenés à la case départ.
En abaissant la taxe sur les carburants puis en la rétablissant 6 mois plus tard, ALEXANDRE a ouvert une brèche dans laquelle la préfecture s’est engouffrée. Aujourd’hui, si le carburant augmente, c’est du fait de la Région, c’est à cause du dollar ou encore l’augmentation des cours du pétrole
Exit, le contrôle des coûts de production de la SARA ;
Exit l’approvisionnement alternatif dans la Région ou en Europe ;
Exit la dérogation aux normes européennes.
IV– LA TRAGEDIE DES SUICIDES (le syndrome du scorpion)
Sur les suicides dans les hauteurs du pays.
Il s’agit de régions enclavées, non développées, sans emplois, qui n’ont accès ni à l’eau courante, ni au réseau électrique, dont les populations ont une organisation sociale propre et où l’application du droit commun est une caricature de la bêtise coloniale.
De plus, la politique de soi-disant protection a confiné ces territoires en « réserves amérindiennes » interdites aux autres guyanais.
Les facteurs d’isolement et le décalage flagrant entre le pays réel et les politiques publiques favorisent quotidiennement le désarroi et le désœuvrement.
Dans ces conditions l’assistanat a conduit à une utilisation perverse des allocations et autres subsides. L’alcool est un fléau généralisé. La drogue décime la jeunesse.
Le MDES dénonce la mise en situation de suicide des amérindiens par la politique coloniale de la France qui perpétue par là le génocide des amérindiens dont elle s’est rendue coupable en Amérique et dans la caraïbe.
Il paraît qu’un scorpion encerclé par un cercle de feu se suicide ; la encore est-ce que la déclinaison des politiques publiques n’a pas consisté à mettre un « cercle de feu » autour de nos compatriotes ?
Par contre, concernant le suicide d’une personne en cellule de dégrisement dans les locaux de la gendarmerie, le MDES considère qu’il s’agit là d’une bavure policière dont sont coupables des fonctionnaires en charge du dossier. En aucun cas ils n’auraient dû laisser quelqu’un en cellule, sous leur responsabilité, avec un objet (une corde) qui lui permettait d’attenter à ses jours.
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