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Le 26 mai se tiendra une réunion du Congrès des élus de Guyane, composé, rappelons-le, des élus des conseils général et régional, des parlementaires et des représentants des maires.
Cette réunion, convoquée par le président du conseil général, qui assure depuis le 1er janvier, la présidence du Congrès, a pour objet de faire un point sur l’état d’avancement du processus engagé depuis le 24 janvier 2010, visant à la mise en place de la future collectivité de Guyane.
Même si cette réorganisation purement administrative, n’est pas selon nous de nature à porter de réponses aux grandes problématiques pour lesquels la population guyanaise s’est fortement mobilisée depuis plus de 10 ans (développement économique, aménagement et désenclavement du territoire, lutte contre l’échec scolaire, maîtrise des ressources naturelles, accès des guyanais au foncier, promotion de l’embauche locale, affirmation et reconnaissance des peuples autochtone, développement des relations avec notre environnement immédiat, etc..) ; il n’en demeure pas moins que les répercussions de cette mutation seront non négligeables sur l’organisation et le fonctionnement de l’administration locale, normalement au service des habitants.
Il importe donc que ce changement s’opère dans les meilleures conditions possibles.
A la date d’aujourd’hui, le projet de loi relatif à l’organisation de la collectivité unique est en cours d’examen par le parlement français au sein desquels nos 4 parlementaires, noyés dans les 920 députés et sénateurs qui ont bien d’autres préoccupations, tentent de faire entendre leurs voix pour amender le projet.
Localement, les 2 collectivités majeures ont mis en place une commission mixte (composée d’élus des 2 collectivités) chargée de réfléchir sur les modalités pratiques du passage à la nouvelle collectivité. Il semblerait que des experts aient été désignés pour accompagner certaine collectivité dans leur démarche.
Ces démarches sont prises comme prétexte par l’actuelle majorité du conseil régional, pour refuser de participer à cette première réunion du Congrès depuis le vote du 24 janvier 2010. Il faudrait selon eux attendre que les commissions et autres experts aient suffisamment avancé dans leur travail pour réunir cette instance. Autrement dit, un remake du fameux « Nou pòkò paré. »
Pour notre part, au M.D.E.S., nous estimons de la plus haute importance que le congrès se réunisse ce 26 mai et qu’il le fasse à l’avenir, aussi souvent que cela sera nécessaire, d’ici à la mise en place effective de la nouvelle collectivité.
Il nous parait en effet hautement utile que l’ensemble de la représentation politique guyanaise puisse se réunir pour faire un état des lieux complet sur l’avancée de ce dossier important pour l’administration locale et les milliers de personnes qui y travaillent.
Dans un contexte où chacun agit de son coté, qui par le biais de son travail parlementaire, qui par le biais de ses relations « privilégiées » avec le pouvoir parisien, qui au sein de différentes commissions, etc...
Il arrive un moment où une synthèse doit s’opérer afin de clarifier les avancées et les éventuels points de non consensus ou de blocage.
Ce nécessaire exercice de synthèse doit selon nous se faire de façon collégial et transparente, condition que seule peut offrir le congrès des élus de Guyane.
Quand bien même, des commissions et des experts se sont mis au travail, il appartient aux responsables politiques de définir le cadre de travail de ces structures. Et si nous voulons éviter des déchirements futurs, il importe que ces orientations soient définies de façon partagée et non pas par chacune des collectivités de façon séparée.
Une telle démarche, d’une nécessité absolue pour le pays, ne peut aboutir qu’à la condition que l’exécutif régional abandonne sa position dogmatique maintes fois exprimée, véritable imposture politique selon nous, qui voudrait que tous les élus ayant fait campagne pour le passage à l’article 74, sont brusquement devenus des sous-élus et ne sont pas de ce fait, qualifiés pour participer à la préparation de la future collectivité. C’est, rappelons-nous, à ce titre qu’il avait affirmé haut et fort vouloir la tête de l’actuel président du Conseil Général.
Il nous semble par ailleurs de bonne gouvernance, que dès à présent et sans attendre la mise en place effective de la nouvelle collectivité, les 2 conseils se réunissent, travaillent ensemble dès lors qu’il s’agit de dossiers importants pour le pays ou susceptibles d’impacter la vie des guyanais à moyen et long terme (au delà des 2 ou 4 prochaines années).
Dans la période que nous traversons, l’intelligence doit selon nous être de mise, afin que rapidement et dans de bonnes conditions, nous puissions mettre en place cette nouvelle collectivité.
Il n’échappe à personne que pendant que certains se livrent à toutes sortes de contorsions, pour se positionner au mieux pour occuper un leadership, en vue de conquérir le pouvoir dans la nouvelle collectivité, nous assistons à la poursuite de la logique du pourrissement de la situation du pays (mainmise sur nos richesses disponibles et à venir, agression contre l’emploi local notamment dans le domaine de la grande distribution, mise à mort du système éducatif et notre embryon d’université, insécurité grandissante, grande détresse mortifère de nos frères de l’intérieur, faillites d’entreprises, injustices dans le domaine du foncier, la liste est malheureusement longue…).
Tout cela, sans aucune réaction sauf à nous inviter à aller, à nos frais, amuser la galerie au jardin d’acclimatation en se trémoussant l’arrière-train……
Oui, il importe que le dossier de la nouvelle collectivité soit réglé au plus tôt et dans les meilleures conditions possibles afin que nous puissions enfin reprendre le travail d’explication et de mobilisation de notre peuple pour, cette fois, arracher des mains du pouvoir colonial, les moyens d’agir réellement sur notre condition et de régler nous-mêmes nos problèmes, ceci dans l’intérêt de nos enfants qui ne tarderont pas à nous demander des comptes.
MDES, le 25 mai 2011.
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