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Initialement prévu à Maripasoula, ce séminaire a connu aux derniers moments une inversion de lieu.
Les militants et militantes du MDES se retrouveront sur le haut Maroni au mois de septembre.
Plusieurs séminaires ont déjà été organisés et d’autres encore se tiendront dans différentes parties du pays afin de préparer le congrès du Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale de la Guyane pour la fin cette année 2011.
Plusieurs thèmes et formations ont été abordés durant ce week-end à Sinnamary.
Rot kozé a bien sûr rencontré le secrétaire général du MDES, Maurice Pindard.
Rot Kozé : Est-ce que dans l’optique du congrès du MDES pour la fin d’année, ce séminaire de Sinnamary vous a permis d’avancer dans le travail de préparation.
Maurice Pindard : L’optique du congrès étant inscrite dans la dynamique lancée depuis le séminaire d’Avril de Saint Laurent, je peux dire qu’à Sinnamary nous avons avancé dans le travail de préparation.
Au niveau de la mobilisation de nos militants, ce sont maintenant ceux de cette ville (dont une bonne partie de l’électorat nous fait confiance) qui ont organisé le séminaire avec les félicitations des participants. De Saint Laurent à Matoury, en passant par Rémire-montjoly et Kourou, l’impulsion est maintenant réelle et amplifiée.
Du point de vue de la préparation qualitative du congrès, les précédents séminaires ont permis d’élaborer un tableau général des taches qui est devenu le tableau de bord du vaisseau MDES. Les camarades s’inscrivent alors dans le mouvement réel et dans l’auto contrôle de la route suivie. Le cap est précisé.
Concernant la formation, l’accumulation quantitative s’est transformée, d’un bond, en saut qualitatif. C’est avec plaisir que les participants constatent leurs progrès dans la compréhension et l’implication pratique du Matérialisme Dialectique. C’est formidable !
La prise de parole, la direction des débats, la contradiction dans le respect, oser dire et oser répondre ! Les camarades et sympathisants du MDES expérimentent dans ces confrontations orales les différentes facettes de la propagande, dans le sens noble de la diffusion et de l’explication des idées.
Rot Kozé : A chaque séminaire, les militants de la région où se tient le séminaire, apportent une particularité. Quelle a été pendant ce weekend à Sinnamary cette particularité ?
Maurice Pindard : Nous sommes allés aux portes du lanceur russe Soyouz. Entendre dire et voir de ses propres yeux sont deux choses différentes. Les participants au séminaire ont constaté la dimension de la main mise foncière de la base spatiale européenne sur les lieux de l’expropriation des habitants de Malmanoury.
Les buffles de la piste de St Elie et la question agricole ont passionnés les amateurs du développement agricole.
Ceux qui ont eu la chance de visiter l’Ilots Caïman en sont revenus impressionnés par la qualité et quantité de travail réalisé par des jeunes guyanais. Ils ont été émerveillés par la beauté du site et les réalisations écologiques des propriétaires.
Le samedi soir, les tambours de gragé des tanbouyen de Trou Poisson ont résonné de toute la force de la résistance culturelle des gens de notre pays. Battements des cœurs des militants, pas cadencés, rythmés par le Ka et le tanbour foulé. Battements des mains sur les peaux de Kayakou, pas saccadés par le tempo du tambour koupé. Un grand moment culturel !! Puissant !!
Rot kozé : Durant ces rencontres, avez-vous le temps de vous arrêter sur le parcours accompli par le MDES dans le paysage politique Guyanais ?
Maurice Pindard : Le thème des élections est omni présent. La nouvelle collectivité de Guyane est en perspective. Ce front politique est constamment analysé. Progression, échecs, victoires.
Parallèlement la question de la revendication populaire, pour la Terre, le logement, le travail, contre les discriminations est abordée sous différents angles. Le rôle du militant dans les associations et syndicats était un temps fort du séminaire. La revendication autochtone était au cœur des débats.
Rot Kozé : Le temps ne s’arrêtant pour personne et bien que vous ayez encore des années devant vous, comment préparez vous l’avenir de votre mouvement connaissant la dimension de votre combat ?
Maurice Pindard : Les séminaires ont deux grandes parties, formation et organisation. Sur cette deuxième partie les camarades constatent, au fil des discussions et face à la réalité, que le MDES est condamné à changer. Le slogan « chanjé kadans » est devenu impératif aux yeux de tous. C’est donc, à bras-le corps, que des dizaines, bientôt centaines d’énergies individuelles se transforment en unité collective. Avec au centre de la préoccupation partagée la question de la pérennité du Mouvement MDES. « Tout bouge, rien n’est figé » nous dit la dialectique. Le MDES aussi bouge, dans la direction que lui donnent ses militants et ses instances.
Rot Kozé : Aujourd’hui des partis politiques comme par exemple Walwary n’hésite plus à travailler avec vous (2MB), quelles sont les raisons qui peuvent expliquer cette autre vision de votre Mouvement ?
Maurice Pindard : Sur le terrain nous sommes implantés dans tout le pays. Nos résultats électoraux témoignent de la sympathie d’une partie non négligeable de l’électorat. Nous offrons le gage d’une organisation sérieuse, militante, stable et qui garde son cap. Nous montrons que nous savons faire des compromis politiques, des alliances avec d’autres forces progressistes, sans tomber dans la compromission. Nous respectons nos concurrents et nos adversaires politiques. Certes, on peut faire sans nous. Mais il vaut mieux faire avec nous, on a plus de chances de réussir.
Rot Kozé : Comment est l’ambiance durant ces séminaires où se regroupent des militants de tous le pays et donc de toutes les communautés ?
Maurice Pindard : Formidable ! Nous alternons débats et visites. Moments sérieux et détente. Moments sportifs comme la marche ou le footing du matin. Instants magiques quand on observe les constellations dans la nuit noir, les cratères de la surface lunaire au télescope, les anneaux de Saturne ou les satellites de Jupiter à l’aube. Confrontation verbale dure et autorégulation du groupe. Discussion en plénière et discussion en apartés. Connaissance mutuelle, acceptation de la langue de l’autre et de sa culture. Conviction de construire ensemble. Formidable !!
Rot kozé : Quels sont les dernières nouvelles de votre journal de propagande : Rot Kozé.
Maurice Pindard : Le 13 juillet se tient l’assemblée générale de l’association des Amis de Rot Kozé. Le numéro Un de la nouvelle formule est prévu pour Juillet/Aout. Bwa pou nou alé !! Tous ceux qui pensent que ce journal doit continuer à vivre et à se développer sont invités à faire partie de ce grand mayouri.
Rot Kozé : Deux mots sur le prochain séminaire ?
Maurice Pindard : Maripasoula. Septembre. Nous avons deux mois pour faire que ce rendez-vous soit un moment encore plus fort dans le « balan » que nous entretenons vers notre 8e congrès en cette année du vingtième anniversaire du MDES.
Yopoto pour Rot kozé.
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