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Carburant : lettre ouverte à la population de Guyane

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Le 3 Septembre 2009, le Préfet de la Guyane présentait aux membres de l’observatoire des prix et des marges, les éléments qui allaient constituer la nouvelle structure du prix des carburants. En réalité, il s’agissait de nous imposer une nouvelle formule de calcul du prix du carburant qui aboutit aux tarifs suivants : 1,44 €/l l’essence et 1,25 €/l le gazole.

Nul ne doit se tromper lorsque le préfet annonce une hausse de « seulement 6 centimes » car, il est bien stipulé dans le document qui nous a été remis « qu’il convient de sortir, de manière progressive mais mesurée, du gel des prix ». Nous sommes donc repartis pour une augmentation par pallier qui devra, dans tous les cas, être terminée pour la fin de l’année, SI LE BRENT NE CONTINUE PAS DE GRIMPER ! Où se trouve la TRANSPARENCE demandée par tous et annoncée par l’Etat ? Qu’en est-il de la « commission » chargée de travailler sur la mise en place de la nouvelle formule de prix, composée des professionnels concernés (pétroliers, pompistes), des consommateurs, des administrations compétentes (Etat, Collectivités, CCIG) ?

Qu’en est-il de notre volonté de ne plus relever de la SARA (raffinage) ? Nous rappelons, en effet, que la SARA, alors même qu’elle ne raffinait que pour la Martinique et la Guadeloupe, était sous-capacitaire et qu’elle devait importer des produits déjà raffinés (prêts à l’emploi). Lorsqu’en 2007, la Guyane devient un client de la SARA, il n’y a pas eu de travaux afin de lui permettre de raffiner pour répondre à ce nouveau marché, et c’est tout naturellement que la SARA a simplement augmenté ses importations de produits raffinés (61% en 2007, 50% en 2008), la Guyane ne représentant que 10% de son marché global.

Voilà pourquoi, nous insistons sur le fait que la SARA ne doit jouer qu’un rôle de stockeur pour la Guyane, ce qui conduirait à une formule de prix (préconisée en partie dans le rapport BOLLIET ainsi que dans le rapport de l’Autorité de la Concurrence) aboutissant à un prix inférieur aux 1,27 €/l pour l’essence et à un prix quasiment identique pour le gazole (au cours actuel du BRENT).

En outre, n’oublions pas que ce nouveau « prix sortie SARA » (identique pour les 3 DFA) que l’Etat veut imposer à la Guyane relèvera d’un nouveau décret qui, de facto, nous enfermera dans une obligation de nous fournir à cette raffinerie, même lorsque nous aurons du carburant aux normes européennes dans notre zone géographique (Trinidad, Venezuela, Surinam…).
Un autre point reste d’importance si nous acceptions cette formule que l’Etat cherche à nous imposer : EDF devra acheter son fuel lourd à la SARA et non plus au prix international du marché, ce qui va surenchérir ses charges d’environ 30%.

Peut-on imaginer qu’EDF ne répercutera pas au consommateur cette augmentation de charges sur le coût de l’électricité ? Enfin, l’Etat répond à notre proposition : « faisons d’abord l’augmentation de 6 centimes le temps que nous puissions travailler sur cette solution et que nous puissions convaincre la SARA de l’accepter ».
Rappelons la seule RESPONSABILITE de l’ETAT et que c’est donc à lui qu’il revient de continuer à prendre à sa charge cette compensation due aux pétroliers, jusqu’à ce que soit mis en place « une formule de prix juste » ou qu’Il ait obtenu de la Communauté Européenne l’autorisation de dérogation aux normes que nous demandons.

Ainsi, malgré les différents rapports, malgré nos propositions, malgré notre volonté d’aboutir à des solutions tolérables pour tous, l’Etat persiste à renforcer le monopole des pétroliers et à organiser pour eux une situation de rentes. Cela n’est plus acceptable. Cela n’est plus supportable.

Restons vigilants car, sans aucun doute, nous devrons nous mobiliser pour faire échec à cette politique !

Le collectif de novembre 2008