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La police de Gaston Flosse défie l’autorité d’Oscar Temaru

mercredi 15 mars 2006

Une quinzaine de membres du Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), police locale créée par l’ancien président, Gaston Flosse, refusent, depuis le 11 mars, l’accès des locaux de Papeete à leur nouveau directeur, Robert Maker.

Nommé chef du GIP en Conseil des ministres le 9 mars, ce dernier devait prendre ses nouvelles fonctions deux jours plus tard.
Accompagné du nouveau président de Polynésie, Oscar Temaru, élu le 3 mars, Robert Maker s’est présenté au siège de son service, mais il a été refoulé par une quinzaine de membres du GIP.
Par deux fois, Oscar Temaru a essayé de trouver un terrain d’entente. Sans succès. Une enquête administrative a été ouverte le jour même, afin de « faire la lumière sur les instigateurs de cette rébellion » explique la vice-présidence.

Plus de 1 200 employés

Dans la foulée, le gouvernement a initié « une mission d’évaluation de la situation du service GIP en termes de ressources humaines et matérielles ». Plus de 400 personnes ont été embauchées au cours des trois derniers mois, selon la vice-présidence. Et le GIP compterait aujourd’hui 1 263 employés.
Selon des témoignages, les GIP en colère contestent le remplacement de leur « chef » historique et son remplacement par M. Maker, qu’ils accusent de les avoir « salis » en rendant publiques des « irrégularités » au sein du groupement.
Deux semaines après son élection, c’est l’autorité même du président du Pays qui a ainsi été remise en cause par des agents de son administration.

De l’assistance à la filature

Le GIP a été créé par M. Flosse en 1998 et placé sous son contrôle direct. Il comptait au début 300 hommes ayant pour missions principales de porter secours aux populations atteintes par des calamités naturelles et de seconder les établissements publics. Progressivement, le champ d’action du GIP s’est étendu et le nombre des agents a été porté à un millier. Ces hommes « du président », vêtus de rouge, ont été chargés d’assurer le gardiennage et la sécurité d’installations publiques. Des attributions qui ont dès le début inquiété l’Etat, l’opinion publique, et surtout l’opposition à M. Flosse qui dénonçait une véritable « milice ».

Lors d’une conférence de presse, en octobre, M. Maker avait révélé des activités d’espionnage et de filature au sein du GIP. Quelques jours plus tard, le fils du N°2 du groupement avait accusé, lors d’un procès, à Papeete, deux membres de la cellule d’espionnage d’avoir assassiné le journaliste Jean-Pascal Couraud. Il était connu pour son opposition à M. Flosse et a mystérieusement disparu, en 1997.

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